Quelques mots sur le saxophone au 20e siècle



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Un article de Richard Scotto qui donne une vision sur le cheminement qu’a fait le saxophone à travers les fabricants et ses artistes, tant classique que jazz.

Le saxophone de 1914 à 1980 :

Entre les deux guerres, le développement du jazz parallèlement à celui des fanfares civiles et militaires est en partie à la base de l’évolution de l’industrie musicale américaine. Les grandes marques sont : Buescher, Martin (joué par Art Pepper), Conn (par Charlie Parker, Dexter Gordon, Johnny Hodges …), King (par Cannonbal Adderley, Johnny Griffin) etc… Au même moment en Europe les fabricants se partagent le marché des musiques militaires et des harmonies très développées dans les régions du Nord et l’Est de la France ainsi qu’en Allemagne et en Suisse. L’un des plus prestigieux facteurs de cette époque sera Couesnon, fournisseur officiel de l’armée et de la Garde Républicaine.

Les grands solistes comme Marcel Mule et plus tard Daniel Deffayet joueront cette marque jusqu’à l’avènement d’autres fabricants déjà réputés comme Buffet Crampon (également connu sous le nom d’Evette et Schaeffer) et bien entendu Selmer qui deviendra très vite la marque la plus demandée après la création de la classe de saxophone au CNSM de Paris, sous l’égide de Marcel Mule devenu leur essayeur officiel. Les autres marques réputées sont Strasser Marigaux, Leblanc, Courtois, Dolnet, Pierret, Beaugnier, Boiste, Gras ( de Lille) ou encore Gaillard & Loiselet (de Lyon), ainsi que quelques fabricants moins connus qui apposent leur nom sur des produits sous traités comme Paul Beuscher ou Robert Martin.

La guerre terminée, la libération par les alliés va permettre le développement du jazz venu des U.S.A. avec la possibilité pour les musiciens Noirs de s’exprimer sans contraintes ségrégationnistes dans les clubs parisiens et londoniens. Nombre d’entre eux vont apprécier la finesse du mécanisme  » à la française  » et l’ergonomie élégante que proposent nos fabricants. Selmer est sans conteste le plus grand bénéficiaire de cette révélation et équipera désormais les stars du jazz de son fameux  » Balanced Action  » (cher à Coltrane), suivi du « Super Action  » puis de la famille des  » Mark VI  » (le plus prisé des musiciens de jazz encore aujourd’hui). Le saxophone classique et contemporain progresse de son côté sous l’égide de Daniel Deffayet qui succèdera à Marcel Mule au CNSM de Paris, et de ses collègues dont les plus fameux sont Henri Pollin, Jean Ledieu, Jacques Terrry, Jean-Marie Londeix, Serge Bichon, Michel Nouaux, Guy Lacour, René Decouais, etc…

Dans les années 60 la lutte fratricide entre facteurs est engagée. Sous la pression des interprètes et des compositeurs de plus en plus exigeants surtout en musique contemporaine, les grands fabricants proposent à chaque salon de Francfort (mecque de l’industrie musicale mondiale), des instruments toujours plus performants. On adopte le fa# aigu en option puis en série chez Selmer, Dolnet, Buffet et Couesnon. André Beun (de la Garde Républicaine) réalise chez Couesnon la dernière innovation acoustique : une clé d’octave supplémentaire réglable qui ouvre sur le bec même un troisième trou de chalumeau afin d’atteindre le suraigu. Cette idée sera reprise par Buffet Crampon durant le congrès international du saxophone de Nuremberg en 1978 sous forme de clés supplémentaires équipant le baryton de Jean Ledieu, lui permettant ainsi la création d’œuvres nouvelles grâce à une tessiture augmentée.

Avec l’aide de ces musiciens de talents les sociétés Selmer et Buffet vont prendre la tête de la fabrication des saxophones haut de gamme. Selmer présentera le Mark 7 en 1974 en réponse au S1 de Buffet sorti en 1971. Ce dernier succède au fameux Super Dynaction adopté par de nombreux classiques et jazzmen dont le légendaire Benny Waters qui l’utilisera au moins jusqu’en 1995 ! En 1980 Selmer créera le SA80, puis en 1987 le SA80 série II qui remplaceront avantageusement la série Mark VII, dont l’ergonomie avait légèrement freiné son développement. On verra enfin la disparition progressive des autres marques comme Dolnet, Couesnon, etc… Ceux qui subsistent se concentrent sur des produits dont ils sont des spécialistes reconnus tels que Courtois dans les cuivres (surtout le trombone), Marigaux dans les anches doubles (hautbois, cor anglais), Couesnon dans les gros cuivres et les instruments de sonnerie (cors de chasse, clairons).

Certains comme SML « prennent le tournant » et importent désormais des produits étrangers notamment japonais comme Yanagisawa « l’autre grand du saxophone », que Barney Wilen adoptera de 1985 jusqu’à sa disparition récente. Buffet absorbe l’usine allemande Keilwerth dont les produits sont adoptés par des instrumentistes réputés comme Dave Liebman, Brandford Marsalis, Brad Weeler, Sylain Bœuf etc… Les fabricants tchèques (Amati ) et ceux de l’ex-Allemagne de l’Est (Weltklang, B&S), pénalisés par leur appartenance au  » bloc communiste « -ce qui stoppera pendant quarante ans leur évolution technique- ne trouveront leur salut qu’en sous traitant pour divers négociants français ou étrangers tels que P.Beuscher, Dolnet, R. Martin ou encore Boosey&Hawkes. Quant aux Italiens, leurs productions nationales comme Borgani, Grassi, Orsi, Rampone ou Santoni, se limitent au marché local, équipant les nombreuses harmonies régionales ainsi qu’à de la sous-traitance pour des grossistes européens ou américains.

En 1980 Buffet expérimente le cuivre rouge pour chaudronner de nouveaux corps, bocaux et pavillons et malgré les affirmations d’éminents acousticiens comme le regretté Ernest Ferron ou encore Jean Selmer, cette innovation va leur apporter une renommée nouvelle. A l’instar de Daniel Deffayet, de nombreux solistes classiques comme MM Maffei (professeur au Mans), Jacques Desloges, Jean-Yves Fourmeau etc, vont adopter cette nouveauté. Parallèlement des jazzmen d’avant garde comme Joseph Jarman, Roscoe Mitchell, Talib Kibwe, Peter Ponzol, le  » Baron  » Seppo Paakkunainen vont aimer ce nouveau son. Malheureusement attaqué sur tous les fronts par ses concurrents français et japonais, cher à l’achat et fragile (car réalisé dans un métal plus tendre que le laiton) ce modèle sonnera (pour quelques années seulement) le glas de la fabrication des saxophones chez Buffet, laissant désormais le champ libre à Selmer face aux agressifs concurrents : Yamaha, Yanagisawa, Jupiter et consorts. Fort heureusement pour l’industrie européenne, les investissements du groupe Boosey & Hawkes et la collaboration étroite avec la branche allemande Keilwerth relancera avec de nouveaux jeunes essayeurs tels que Fabrice Moretti, une fabrication française digne de s’aligner aux côtés du monstre sacré Selmer contre les attaques commerciales extérieures. Cette situation offre l’alternative aux interprètes de trouver dans la production nationale et européenne des réponses à toutes leurs attentes.

Chaque fabricant revendique ses qualités propres et perfectionne surtout l’ergonomie et la justesse (la sonorité étant beaucoup plus affaire d’embouchure et de colonne d’air, également de choix de becs ou d’anches) et l’instrument n’est désormais plus qu’un outil de transmission. Ils tentent aussi parfois de nouvelles expériences comme avec les bocaux ou les corps en argent massif déjà courant chez King en 1950 ainsi que les bocaux en bronze ou en laiton plaqué or. Quelques musiciens se livrent à des expériences contre nature pour satisfaire leur goût d’originalité comme adapter un clétage moderne Selmer ou Yamaha sur un corps de Conn  » Chu Berry  » ou  » Lady Face  » des années 30 ! ou encore souder un bocal King en argent sur un tenon Selmer en laiton dans le but de l’adapter à un « Mark VI » ou un Yamaha  » 62 « … tout ceci conduisant souvent à l’échec. En effet chaque modèle a ses propres caractéristiques acoustiques : le  » chalumeau  » du bocal King ne pouvant être déplacé sur l’emplacement du Selmer, le résultat ne peut être qu’aléatoire en matière de justesse dès l’ouverture de la clé de bocal. Le simple fait de remplacer un bocal de Mark VI par celui d’un SA80 ou le contraire, peut générer de sérieux disfonctionnements en matière d’émission ou de justesse même si parfois  » ça marche « . S’il est vrai qu’à l’époque ou l’on manufacture encore cet instrument au maillet, les differences entre modèles d’une même série peuvent être flagrantes, aujourd’hui avec les commandes numériques, les soudures du métal par électrofusion et toutes ces techniques innovantes, il persiste des différences infimes entre modèles d’une même série et encore, elles sont dues au tour de main du finisseur (facilement contrôlables par les  » essayeurs maison « ) ou les revendeurs spécialisés qualifiés (ayant notamment un atelier performant sur place).

Quelques récentes innovations restent à souligner : le sol aigu en série sur les sopranos de Buffet, Yanagisawa puis Selmer (inspiré des altos semi rationels de Leblanc qui montait déja au sol aigu dans les années 50), les tampons flottants ou  » ronds sur rotules  » de Codera (RFA), les commandes par câbles remplaçant certaines tiges métalliques de Francois Azimbourg, la rotule unique remplaçant la commande de l’auriculaire gauche sol# si do# sib grave de Sébastien Bucholz, le variateur acoustique d’Ernest Ferron ou encore plus efficaces : les bocaux interchangeables droits et recourbés du saxo soprano créés par Yanagisawa en 1976 et adoptés depuis par Yamaha, Selmer et tous leurs serviles copieurs. Enfin n’oublions pas le saxophone en plastique blanc de Grafton joué par Charlie Parker lors du concert de Toronto avec Dizzy Gillespie ainsi que durant de nombreuses années par Ornette Coleman. Citons encore une dernière curiosité : le soprano en ébène réalisé par Buffet en 1980, à la sonorité envoûtante, mais coûteux et fragile, et donc jamais développé depuis. Dès l’arrêt de la fabrication des Selmer  » Balanced Action et des  » Mark VI « , ces instruments devenus mythiques dans les mains de musiciens légendaires comme John Coltrane, Stan Getz, Sonny Rollins, Zoot Simms, Benny Carter, Paul Desmond, Dexter Gordon, Phil Woods, Lee Konitz ou Steve Lacy font encore le bonheur des nouveaux prodiges comme Michael Brecker, Bob Minzer, Joe Lovano, Kenny Garrett, Wayne Shorter, Bob Malach, David Sanborn ou plus proches de nous Stefano Di Battista, Frédéric Couderc, Eric Seva, Philippe Sellam, Bobby Rangell, Stéphane Spira etc, tous talentueux prometteurs d’avenir !

Ne terminons pas cette succincte présentation sans mentionner le géant japonais de l’industrie musicale Yamaha qui a su s’approprier le marché des débutants en proposant des produits finis d’une justesse remarquable. A cette clientèle d’élèves et d’amateurs s’ajoutent quelques musiciens connus, qui souvent grâce au système des  » endorsements  » ont adopté un instrument professionnel de cette marque. Néanmoins nombre d’entre eux reviennent sur les instruments européens traditionnels tant la légende du saxophone s’est faite avec les instruments conçus et perfectionnés sur notre vieux continent ! Rendons enfin grâce à l’inventeur du saxophone, le génial Adolphe Sax, d’avoir été dès 1840 un visionnaire enthousiaste et productif malgré les difficultés et les déboires qu’il dut affronter toute sa vie dans la facture instrumentale…

Le saxophone de 1980 à nos jours :

A partir des années 80, le saxophone a déjà regagné une grande popularité avec le retour en force du jazz, et déjà auparavant dès 1965, avec les ensembles de Rhythm n’ Blues et de Soul Music. Les musiciens qui ont accompagné des vedettes comme James Brown sur scène et en studio, ont acquis une grande maîtrise de leur instrument et se rendront plus tard célèbres. Maceo Parker en est l’un des meilleurs exemples. En même temps, dans les principaux pays d’Europe, en Amérique et au Japon, l’étude du saxophone connaît un essor extraordinaire. Daniel Deffayet successeur de Marcel Mule à Paris, forme d’excellents saxophonistes qui vont faire encore une fois honneur à leurs prédécesseurs et à l’école française avec : J.Charles, C.Delangle, JY.Fourmeau, C.Hecht, R. Knuezel, F.Moretti, etc… D’autres comme D. Kientzy s’orientent résolument vers la musique contemporaine. Quelques-uns parviennent à mener de front une carrière de professeur-concertiste classique d’une part, et de jazzman d’autre part, comme P. Portejoie, premier alto de Claude Bolling et professeur au CNSM de Paris. La majorité des saxophonistes classiques enseignent dans les conservatoires ou les associations, et sont pour la plupart musiciens d’orchestres militaires (Garde Républicaine, Musique de l’Air, Sûreté Nationale, Troupes de Marine, etc), où le nombre des saxophonistes utilisés est relativement important. Malgré tous les efforts des amis du saxophone (musiciens, compositeurs, etc ) aucune place stable de saxophoniste d’orchestre n’a été créée au sein des formations symphoniques classiques. Un grand nombre d’orchestres de jazz se créant sur l’initiative de chefs comme C.Bolling, G.Badini ou L.Belmondo , les saxophonistes trouvent régulièrement du travail. Ils accompagnent souvent des chanteurs connus typiquement jazz / crooners comme Guy Marchand ou Michel Leeb ou encore dans la chanson française de qualité avec Aznavour, Bécaud ou le regretté Brel. Ils animent aussi des soirées de gala et des évènements publics (festival du cinéma à Cannes) ou des festivals de jazz comme celui de Marciac, Nice, Montreux ou Paris. Ces orchestres, de même que les nombreuses formations de trios, quartettes et quintettes sont autant de possibilités et de pépinières d’artistes qui parfois réussiront à leur tour une carrière de leader. La création, relativement récente, de l’Orchestre National de Jazz et de la classe de jazz au C.N.S.M. de Paris a été une formidable motivation pour les saxophonistes. Enfin, le renouveau du saxophone dans les musiques Pop, Rock ou  » World Music  » redonne du travail aux instrumentistes qui s’étaient parfois vu obligés de se reconvertir vers d’autres instruments (claviers électroniques ou flûte traversière, basse ou percussions).Un fait important est la vogue du  » latin-jazz  » avec également l’immense contribution du Brésil et de ses créateurs géniaux, qui s’exprimeront d’abord par la voix du grand Stan Getz, et donneront naissance à un style mondialement apprécié, dont les héritiers actuels s’appellent Claudio  » Cacao « de Queiroz ou Raul Mascarenas… Grâce à l’évolution de la musique contemporaine, les nouvelles techniques (par exemple le  » souffle continu « , venu en fait de pratiques ancestrales indiennes ou africaines), vont entrainer une évolution et des recherches d’amélioration chez les facteurs pour faciliter l’expression musicale.

Avec la nomination de Claude Delangle au C.N.S.M. de Paris, (succédant à Daniel Deffayet), le fabricant n°1 Selmer, va perfectionner sa production et mettre sur le marché des versions améliorées techniquement et acoustiquement comme sur le Super-Action 80 II en 1987. L’alto, le ténor, le soprano et le baryton acquiert un bouchage amélioré, une émission dans le grave plus facile (meilleure étanchéité entre corps et culasse) et une meilleure ergonomie ainsi que des levées stabilisées sur les clés d’aigües de la main gauche (d’où l’expression employée quelquefois de  » nouvelle justesse  » ! !) . Ensuite vont arriver très récemment les Série III sopranos et ténors qui prendront l’appellation de SIII (pour mieux se démarquer du logo  » SA80″). Les sopranos SIII désormais équipés en série de deux bocaux (courbe et droit) et de la clé de sol aigu, remportent un franc succès, reprenant des parts de marché aux concurrents japonais qui avaient pendant quelques temps repris l’initiative dans ce domaine. Les ténors SIII remplacent avantageusement nombre de saxophones dits  » de légende « , mais n’ont toutefois pas détrôné dans le cœur des jazzmen purs et durs le vieux mythe du « Balanced Action » et du « Mark VI  » ! Toutefois la sortie imminente d’un modèle typiquement  » jazz  » devrait définitivement mettre un terme à cette situation qui a entraîné une surenchère parfois inacceptable des prix des saxophones dits  » vintage « . Enfin le lancement en novembre 1999 de l’alto SIII devrait également renforcer les positions de la prestigieuse marque française sur les marchés européens et étrangers (surtout au Japon et aux U.S.A.).

Face à cette progression tous azimuts, la concurrence réagit sainement : Buffet améliore encore son alto « Prestige » qui rencontre toujours un grand succès dans le monde du classique, en modifiant le bocal et en rendant le clétage plus proche du  » Keilwerth « . La marque d’origine allemande rencontre un franc succès grâce sans doute aux excellentes suggestions apportées par des saxophonistes créatifs comme Peter Ponzol ou Eric Séva entre 1985 et 1995. De nombreux musiciens ont depuis manifesté de l’intérêt pour cette marque comme Bruno Wihelm, Ivan Avice, Daniel Beaussier, Sylvain Bœuf, et aux U.S.A : D.Liebman, Brad Wheeler, V.Goines etc.

Les fabricants asiatiques :

Chez Yamaha, les Japonais adoptent une politique de développement du haut de gamme et se sont entourés en Europe et aux U.S.A de musiciens talentueux comme J.Y. Fourmeau et son quatuor en France, I. Roth en Suisse, et E. Rousseau aux U.S.A. Leurs nouveaux produits de la gamme « Custom », sont extrêmement soignés et ont des qualités de justesse remarquables. Pénalisés cependant par des prix élevés et une politique de commercialisation contraignante, ces nouveaux produits restent cependant peu courants contrairement aux modèles d’étude qui font l’unanimité des enseignants.

L’autre  » grand du saxophone  » : Yanagisawa, présente également depuis quelque temps des produits très haut de gamme : série « Elimona « , très appréciée en jazz et en classique. Ils sont les seuls à proposer en série des corps en argent massif, mais aussi des bocaux en argent massif (option également disponible chez Selmer et Keilwerth ). Yanagisawa est excellement bien représenté dans notre pays par SML depuis plus de vingt ans. L’importateur qui a été, rappelons-le, fabricant de saxophones jusqu’en 1980 environ (les fameux « King-Marigaux »), a développé une politique commerciale et artistique couronnée de succès. Les instruments de cette marque après avoir été adoptés avec enthousiasme dans le jazz par A.Debiossat, F. Bourrec, V. Mascart, P.Maté, B. Wilen etc, sont de plus en plus fréquemment rencontrés dans les conservatoires.

Les autres fabricants :

Depuis Taïwan, diverses fabriques inondent la planète de produits divers, copiant tel ou tel modèle avec diverses variantes leur permettant de commercialiser sous des noms pompeux des produits aux capacités limitées. Le plus important d’entre eux s’est fait connaître avec des produits améliorés récemment, cependant aucun de ces modèles n’a pour l’instant été adopté par les professeurs des conservatoires. Cependant, il ne fait aucun doute que ces fabricants vont améliorer leurs produits s’ils veulent s’imposer à leur tour sur le marché des instruments destinés à l’étude.

L’ex-Allemagne de l’Est et la république Tchèque, depuis la suppression du « rideau de fer », ont commencé à moderniser leur production et leurs modèles. Le manque d’image est un handicap certains pour leur développement, mais l’ouverture des marchés des pays appartenant anciennement au « bloc communiste », devrait leur offrir de bons débouchés et leur permettre d’envisager des investissements (à moins que des propositions d’associations avec d’autres fabricants ne soient envisageables pour produire à moindre coût des instruments de renommée mondiale).L’Italie et le Brésil ont également une production nationale mais dont la diffusion reste limitée à leur propre territoire. Les marques connues sont : Borgani, Grassi, Orsi, Rampone pour nos voisins italiens, et « Weril » au pays de la bossa-nova.

Quel avenir pour le saxophone ?

On peut l’envisager avec sérénité, pour les fabricants toutefois ! L’instrument n’est pas un simple « phénomène de mode « , et malgré les tentatives de  » saxo électronique  » comme le récent WX5 de Yamaha ou le EWI de AKAI, tout le monde a pu constater la difficulté de restituer la sonorité, la flexibilité, la palette sonore, bref tout ce qui fait l’âme du saxophone. D’autre part, l’aspect esthétique de cet instrument assure déjà une partie de son succès auprès du public, entre autre chez les plus excentriques! Certains ont même expérimenté d’autres matériaux comme le Bamboo et offre sur le marché la gamme complète de l’instrument. (Vous pouvez voir et entendre ces instruments sur le site de Xaphoon

Les fabricants ont encore de nombreuses possibilités de le transformer et l’améliorer. Déjà de grands changements ont été réalisés par les fabriques de becs et d’anches, et dans le domaine de l’amplification, d’excellents progrès ont été faits (exemple : les micros  » SD SYTEMS « ). La recherche pourrait porter sur l’utilisation de nouveaux matériaux plus légers ou sur la réduction des bruits mécaniques et l’amélioration du bouchage. Il faudrait aussi pouvoir réduire les coûts afin de faciliter l’accès à la gamme complète des saxophones. En effet, rares sont les musiciens qui possèdent plus de deux instruments, ce qui parfois limite la pratique, comme par exemple celle du sax baryton. Très convivial, le saxophone peut se pratiquer avec un accompagnement minimal de piano ou guitare, ou en ensemble, la forme la plus fréquente étant le quatuor ou le quintette. Il touche toutes les couches de population et tous les âges : on peut commencer vers 6 ans et il n’est pas rare de voir des saxophonistes de plus de 80 ans en activité (même professionnels) ! D’autre part, il est souvent pratiqué en deuxième instrument par des clarinettistes ou des flûtistes. Inventé en Europe vers la fin de la première moitié du XIXe siècle, il s’est imposé dans le monde occidental durant tout le XXe. D’immenses marchés comme la Chine, l’Inde ou encore l’Afrique en feront sans doute l’instrument à vent du XXIème siècle ! ! !

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