Quelques grands interprètes classiques

Liste de quelques grands interprètes dans cette page :
Jean-Yves Fourmeau  Eugène Rousseau  Jean-Marie Londeix
Sigur Raschèr  John Harle  Marcel Mule  Daniel Deffayet

Jean-Yves Fourmeaujeanyvesfourmeau

Jean-Yves Fourmeau est un saxophoniste français qui fit ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Il obtient un 1e Prix à l’âge de 17 ans. Il devient soliste à Radio-France par la suite et fonde un quatuor de saxophones qui porte son nom.

Cet ensemble est considéré comme étant l’un des meilleurs sur le plan international. Il fait une carrière internationale exceptionnelle comme soliste, chambriste et professeur de saxophone au Conservatoire de Cergy-Pontoise.  Il est saxophone solo au Berliner Philarmoniker, professeur invité à l’Université d’Indiana. Il est aussi directeur de collection aux Éditions « Billaudot ». Jean-Yves Fourmeau  collabore également à l’amélioration des instruments Yamaha depuis 1985 comme conseiller technique. Il contribue à faire connaître son instrument en donnant d’innombrables concerts, des « Master-Class en Europe, Asie, Australie, Canada et aux Etats-Unis. Depuis le début de sa jeune carrière il a déjà enregistré 14 CD et il est distribué sous le label « Philips Classique »

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Eugène Rousseau

Eugène Rousseau, saxophoniste américain, détient le titre de Distinguished Professor of Music à l’Université d’Indiana, où il travaille de 1964 à 2000. Le Dr. Rousseau rejoint la faculté de Musique de l’Université du Minnesota à l’automne 2000. En 1993, il est désigné comme membre honoraire du Conservatoire de Prague.

Eugene Rousseau se produit dans toute l’Amérique du Nord et sur les cinq continents depuis ses débuts au Carnegie Hall.  Marcel Mule le considérait comme un « brillant saxophoniste et un artiste remarquable » et les critiques du monde entier ont repris ces louanges.

Il donne les premiers récitals de saxophone solo à Paris, Berlin, Vienne, Londres et Amsterdam. il anime des Master Classes annuelles au prestigieux Mozarteum de Salzburg. Il crée de nombreuses œuvres qui sont écrites pour lui. On retrouve parmi celles-ci,  la Partita de Juan Orrego-Salas, la Sonate pour saxophone alto et piano, ainsi que le Concerto pour saxophones et orchestre de Jindrich Feld, la Fantaisie Concertante pour saxophone alto et vents de Bernhard Heiden, Hear Again in Memory de Frederick Fox, et Skyscrapings de Don Freund pour saxophone alto et piano.

Eugène Rousseau est un digne ambassadeur pour la communauté  des saxophonistes de Chicago sa ville natale. Depuis 1972, il est consultant en chef de Yamaha Corporation pour la recherche sur les saxophones. Rousseau est co-fondateur du World Saxophone Congress de 1969 ; Président de la North American Saxophone Alliance (1979-80) et du Comité International du Saxophone (1982-85).

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Jean-Marie Londeixprofessionnel

Connu et reconnu à travers le monde dans le milieu saxophonistique classique, ce grand interprète passionné de son instrument a eu une carrière exceptionnelle en donnant plus de 600 concerts dont 130 avec orchestre, plus de 210 récitals, 150 concerts de musique de chambre et près de 120 concerts à la tête d’Ensembles de saxophones.

Toutes ces prestations ont été données pratiquement à la grandeur de la planète. De plus, Monsieur Londeix a joué en concert plus de 200 créations d’oeuvres écrites par les plus grands compositeurs de musique contemporaine et plusieurs oeuvres lui ont été dédicacées. En plus d’être très actif musicalement, Jean-Marie Londeix a publié plusieurs ouvrages sur la technique du saxophone. Ces travaux de grande qualité sont publiés entre autre chez Lemoine et Leduc (France)/ Berben (Italie)/ Schultz (Allemagne)/ J-C Lattes (France)/ Roncorp (USA) et Combre (France). La plupart de ces ouvrages sont utilisés dans les écoles de musique. Jean-Marie Londeix a aussi écrit plusieurs arrangements et effectué des transcriptions d’oeuvres des grands compositeurs du passé tel : Bach / Teleman / Leclair / Fiocco / Milhaud / Poulenc pour ne nommer que les plus connus. Enfin, il a publié d’innombrables articles traitant aussi bien de la technique du saxophone que sur l’analyse des grandes oeuvres, et il a donné plusieurs conférences dans le monde. Jean-Marie Londeix est de toute évidence un grand Ambassadeur de son instrument, de son pays et de la musique en général.

Présentation de Jean-Marie Londeix

« Maître du saxophone moderne »

(Extraits du livre de James C. Umble)

Sud-ouest de la France

Jean-Marie Londeix, fils de Jems et Georgette Londeix, est né le 20 septembre 1932 au Port-du-Noyer, dans la commune d’Arveyres, en Gironde, dans un hameau d’une cinquantaine de foyers modestes, installé dans la rive gauche de la Dordogne, face à Libourne, et à 33 Km au nord de Bordeaux. Il est le troisième de cinq enfants. Jean-marie et ses frères et soeurs ont grandi avec leur parents, et un cousin germain orphelin, filleul de la maman, dans une grande et haute maison de pierres blanches, entourée de jardins familliaux et de vignes qui semblent s’étendre à l’infini.

(Maison d’enfance de Jean-Marie Londeix 1942)

La musique s’introduit chez les Londeix (1938)

L’arrivée d’un piano, offert en cadeau aux enfants par la grand-mère Angélina, changea la vie de la famille de façon radicale et significative. Jems, le père de Jean-marie, gymnaste réputé dans sa jeunesse, mais également violoniste amateur, avait joué avec son professeur dans des orchestres de cinéma muet. Durant son service militaire (dans la musique du régiment le plus proche du Port-du Noyer où résidait sa fiancée), Jems avait cotoyé d’excellents musiciens. Un certain Issartier lui assura que la réussite dans l’apprentissage d’un instrument de musique reposait pour beaucoup sur sa pratique méthodique et régulière, dès le plus jeune âge. Comme dans le sport de haut niveau, le sens du devoir et de la discipline gagnait à être développé, le plus tôt possible. C’est ainsi que le lendemain de l’arrivée du piano à la maison, tous les enfants commencèrent en même temps à étudier sérieusement la musique, d’abord avec Madame Menudier, amie de la Grand-mère Angélia, qui vivait à Libourne à deux pas de chez celle-ci.

(Jean-Marie Londeix en 1946)

Après deux ans de piano et de solfège, le père croyant remarquer chez son fils Jean-Marie des mains inadaptées au clavier, décida qu’il jouerait désormais du saxophone. Il en acheta deux d’un coup: L’alto et le ténor.

Désormais, Suzy continua à étudier le piano, Gérard commença le violoncelle, Jean-Marie, le saxophone et Josette, le violon (Alain, le dernier frère n’était pas encore né). Puis le père forma presque aussitôt un petit orchestre qui répétait plusieurs fois par semaine de petits morceaux du répertoire à la mode. La musique n’était pas à prendre à la légère. Les enfants se rendaient chaque semaine au Conservatoire de Bordeaux, souvent dans des conditions difficiles en raison de la guerre. Les premières leçons de saxophone de Jean-Marie Londeix ont été données par Pierre Ferry.

L’orchestre familial, 1941-1953

(L’orchestre familial Londeix en 1940)

L’orchestre familial participait régulièrement aux manifestations théâtrales d’amateurs ou musicales organisées par des associations locales telles que les Amis de la musique, ou Les Choeurs mixtes de Libournes. Parfois étaient donnés des concerts de musique de chambre avec des oeuvres de Schubert, Mozart, Weber, Brahms, Wagner, Ganne, Boieldieu, Franck et bien d’autres. Jean-Marie se produisit quelque fois en soliste, dans des pièces de Bruneau, Busser, Oubradous, Monti…

Jean-Marie (saxo), Josette (violon), Suzy (piano), Gérard (violoncelle), Jems Londeix (père)

Dès l’âge de 11 ans, Jean-Marie joue en soliste au cours des concerts de l’orchestre familial. En 1943 son répertoire comprend « Fantasie variée de Bruniau », Le petit nègre de Claude Débussy, Rhapsodie cypriote de Combelle, Récit et variations d’Oubradous, Fantaisie-Caprice de G. Parès et les variations sur le Carnaval de Venise.

Premières leçons avec Marcel Mule en 1946

En 1946, Jean-Marie Londeix commença à monter de temps en temps à Paris pour prendre des cours avec Marcel Mule. Il l’avait entendu en concert, à Bordeaux, et avait été immédiatement captivé par son jeu. Parfois, Pierre Ferry qui encourageait son élève à poursuivre ses études avec le grand maître, l’accompagnait pour sa leçon à Paris.

Dans une lettre daté de juillet 1991, Jean-Marie Londeix a écrit à James C. Umble ce qui suit : « Dès 1942, Mule m’a réellement servi de modèle. Plus de vingt après, j’ai continué à soliciter son avis, recherchant sa totale et pleine satisfaction. M. Ferry l’estimait grandement lui aussi. Mon imagination a fait le reste. Mule a été pour moi en quelque sorte une personne sacrée. Une sorte de dieu du saxophone » .

Gagnant du concours Bellan 1948

À 15 ans et demie, Jean-Marie Londeix se présenta au concours Bellan, une compétition musicale parisienne pour instrumentistes et chanteurs, venus du monde entier. Il sort vainqueur de l’éliminatoire. Les membres du jury lui ont annoncé qu’il venait de remporter brillamment le Prix d’Honneur, degré Excellence, du concours Bellan 1948. Marcel Mule qui était membre du jury écrit un mot à son père lui disant que son fils avait fait une excellente impression au concours. Il lui dit également qu’il est doué et qu’il devrait réuissir en musique.

Entrée au Conservatoire de Musique Paris en 1951

Jean-Marie Londeix obtient la permission de son père d’aller étudier à Paris. Il lui reste deux obstacles majeurs à surmonter. Soit les deux redoutables concours d’entrée, successifs et éliminatoires. Cette année là, il y avait vingt et un candidats inscrits pour cinq places…….. Seize étudiants participent à cette épreuve. Jean-Marie Londeix remporte l’épreuve et se taille une place. Il est définitivement inscrit dans la classe de saxophone de Marcel Mule au Conservatoire National de musique de Paris.

(Classe de Marcel Mule, au Conservatoire de Paris en 1950-1951)

(Deuxième à droite, Jean-Marie Londeix)

Premier Prix du Conservatoire de Paris 1953

Après deux ans d’études à Paris, Jean-Marie Londeix reçut la plus haute récompense possible: Premier prix à l’unanimité avec félicitations du jury. Il obtient en outre deux Premières médailles de Solfège et de Musique de chambre. Claude Delvincourt le directeur d’alors (qui une dizaine d’années plus tôt a ouvert le Conservatoire au saxophone) demanda au jury de lui accordé en plus, une récompense exceptionnelle (également décernée la même année à un jeune trompettiste nommé Maurice André): Le Prix d’Honneur du Conservatoire. Son premier prix en poche, Londeix est sélectionné par la direction du Conservatoire, avec la pianiste France Clidat, diplômée quelques années plus tôt, pour effectuer en février et mars 1954, une tournée de récitales en Espagne et au Portugal. Les deux virtuoses vont assurer 14 prestations réparties dans les plus grandes villes de ces pays.

Professeur à Dijon en 1953

À sa sortie du Conservatoire de Paris, en 1953, Londeix fut nommé professeur de saxophone et de solfège au Conservatoire National de Dijon, situation qu’il occupera jusqu’en 1972. Il obtient ce double poste à la suite de deux examens spécifiques où il dut jouer de son instrument, déchiffrer plusieurs textes, relever des dictées musicales et participer à un long entretien avec les membres du jury où siégeaient, outre un des deux spécialistes de l’instrument, André Ameler, directeur du Conservatoire et Amable Massis, Inspecteur Général de la Musique.

(La classe de Jean-Marie Londeix au Conservatoire de Dijon en 1963)

Premières années d’une carrière de soliste

Au tout début de sa carière à Dijon, Londeix considérait que son poste d’enseigenement servait prosaïquement à le faire vivre, grâce au salaire mensuel attribué. Son rêve était de devenir concertiste. Cherchant à se bâtir une carrière de soliste, il se mit en quête d’un imprésario. Il essaie en vain de se trouver un agent de concert, mais aucun d’eux ne veut s’intéresser au saxophone. C’est alors qu’il réalise sa propre brochure de publicité, qu’il envoie aux organisateurs de concerts, aux directeurs, aux stations de radio. En 1956, il obtient à la Radio Française, le Carte de soliste, qui lui permettait d’enregistrer en studio et de se produire à la tête des orchestres.

Premier répertoire de concerts avec piano 1954-1969

Les premières oeuvres interprétées avec piano par Londeix sont des compositeurs suivants : André Ameller/ Philippe Bauzin/ Conrad Beck/ René Bernier/ Jacques Chapentier/ Pierre-Max Dubois/ Jean Françaix/ Paul Hindemith/ André Jolivet/ Charles Koechlin/ Lajtha Laszlo/ Hermann Reutter/ Henri Sauguet.

(Première tournée de récital, Au Portugal, avec France Clidat (pianiste), le 19 février 1954)

Concertos donnés en premières 1953-1966

Les premières oeuvres choisies par Londeix pour les Concertos sont des compositeurs suivants : André Ameller/ Pierre-Philippe Bauzin/ René Bernier/ Roger Boutry/ Pierre-Max Dubois/ Pierre Hasquenoph/ Suzanne Haik-Ventura/ Paule Maurice/ Darius Milhaud/ Jacques Murgier/ Jeanine Rueff.

(Jean-Marie Londeix en concert à Tokyo en 1983)

Premier enregistrement commercial en 1960

Le premier enregistrement fait par Jean-Marie Londeix pour la vente est publié par Vendôme (STV 214) en 1960. Il comprenait Scaramouche de Milhaud, et le Lièvre et la Tortue de Dubois, l’un et l’autre enregistrés avec orchestre, ainsi que Jeux de table d’André Ameller et la transcription des Visions fugitives de Prokofiev faite par Londeix, avec accompagnement de piano.

(Jean-Marie Londeix en 1960)

Le Sextuor à Vent de Dijon en 1960

en 1960, Londeix et cinq de ses collègues fondèrent à l’instigation de André Ameller, directeur du Conservatoire, le Sextuor à Vent de Dijon: Lucien Martin (flûte), Jean Olion (hautbois), Roger Desoomer (clarinette), Jean-Marie Londeix (saxophone), Pierre Brille (cor) et Pierre Ganzoinat (basson). Afin de constituer un répertoire original, Jean-Marie Londeix commenda des oeuvres à ses amis compositeurs et réalisa lui-même nombre de transcriptions. (A noter que créer des partitions nouvelles l’occupera toute sa vie). Il remarque : « Mes camarades me regardeaient de travers, parce que je critiquais leur dépendance à Beethoven, Tchaikovsky et autres…alors que je désirais promouvoir Varèse, Jolivet, ou encore des compositeurs plus jeunes. Ainsi, nous n’étions pas toujours d’accord sur le répertoire.

Cette formation offrit à Londeix l’occasion d’orienter le saxophone dans une nouvelle direction en musique de chambre. Tout au long de sa carrière, Londeix cherchera à intégrer l’instrument dans des formations musicales diverses, D’autre part, à susciter un répertoire original nouveau, le plus possible significatif de la musique de l’époque. Plusieurs bons morceaux de musique de chambre sont le résultat de ces efforts: Printemps de Tomasi, Sextuor de Marc Eychenne, Sinfonia da Camera de Dubois, pour la seule année 1964, le Sextuor de Markovitch et d’autres pièces, un peu plus tard.

Développement d’une pédagogie

Malgré un calendrier de concerts bien chargé, Londeix s’est toujours dépensé sans compter pour formuler une pédagogie propre à l’instrument. Précisons que l’idée de professeur de saxophone était nouvelle à l’époque, pour certains elle était même incongrue. La classe de saxophone de Mule , à Paris, n’avait été ouverte qu’en 1942, onze ans seulement avant que Jean-Marie ait été nommé au Conservatoire de Dijon. Donc, tout en développant sa carrière de concertiste, Londeix chercha à définir les rôles multiples des futurs professeurs de saxophone, et servit lui-même de modèle, en montrant le chemin à suivre. Il est à noter que Marcel Mule a été un des tout premiers « spécialistes » à enseigner le saxophone, jusque-là, la classe de saxophone était généralement confiée au professeur de clarinette, de flûte, de hautbois, ou de basson (comme à Bordeaux de 1932 à 1970).

Publication de plusieurs méthodes de saxophone

Le matériel didactique spécifique au saxophone n’existait pas, Jean-Marie Londeix l’a créé. Il a donc publié plusieurs cahiers d’études pour l’enseignement du saxophone tel: les trois fascicules des Exercices mécaniques (édit. Lemoine, 1960-65)/ Les Gammes (Lemoine, 1962)/ une méthode pédagogique en 4 volumes dont : Le saxophone en jouant (Lemoine, 1962-1971)/ Le détaché (Lemoine 1967)/ Les trois cahiers de la méthode de rythme (Lemoine,1972)

Installation à Bordeaux en 1971

En octobre 1971, Jean-Marie Londeix quitte le Conservatoire de Dijon, et accepte le poste de professeur de saxophone au Conservatoire National de Bordeaux, pour remplacer Pierre Ferry, qui un an plus tôt avait pris sa retraite. Cette situation lui ouvre les portes d’un plus grand Conservatoire et permet à Londeix de se rapprocher de ses origines et de renouer avec ses parents et cousins. De plus, cette situation lui offre de réorganiser sa carrière. La direction l’encourage à accueillir des étudiants étrangers.

Nouvelle orientation: l’Ensemble International de saxophones de Bordeaux

(L’Ensemble International de Saxophones de Bordeaux, au Tidewaiter Music Festival (Maryland, USA, 30 juin 1985)

En 1977, Jean-Marie Londeix fonde le désormais célèbre « Ensemble International de Bordeaux. » Cet ensemble fait immédiatement partie intégrante de l’école de saxophone de Bordeaux, et permet de former les élèves à la pratique orchestrale de tous les saxophones, du basse au sopranino (le saxophone contrebasse, très rare n’est pas utilisé). l’idée de Londeix était d’offrir à ses étudiants la possibilité de jouer dans une grande formation, et de les préparer au travail si particulier de l’orchestre, en augmentant ainsi leurs compétences de futurs musiciens professionnels. Ne disposant pas d’un répertoire adéquat, Londeix transcrit des partitions propices à l’arrangement et suscite immédiatement la composition d’oeuvres originales. En quelques années, il réussit à engager des compositeurs à son projet, et finit par disposer d’une soixante d’oeuvres, dont certaines seront délibérément orientées vers la musique contemporaine.

Reconnaissance et honneurs officiels en 1971

Le gouvernement français, reconnaissant la contribution substancielle accordée par Londeix au monde musical, grâce à ses publications, ses tournées, ses étudiants internationnaux, son talent artistique, le nomme Chevalier des Arts et des Lettres, une distinction des plus honorables. Six ans plus tard, en 1977, il est élevé au grade d’Officier des Arts et des Lettres, distinction généralement réservée aux écrivains, aux philosophe et peintres.

Désillusion à Paris

Un des revers que subit Jean-Marie Londeix dans sa carrière se place à l’occasion du départ à la retraite de Marcel Mule, en 1968. Londeix n’avait apparemment pas les appuis politiques nécessaires pour soutenir sa candidature. Le poste fut attribué à un de ses talentueux collègues, Daniel Deffayet, excellent musicien dont le domaine d’activité était centrée sur le milieu musical parisien. Ce dernier occupera ce poste jusqu’en 1988 et il sera remplacé par le jeune et brillant Claude Delangle.

La retraite

Jean-Marie Londeix prend sa retraite du Conservatoire de Bordeaux le 30 avril 1994. Il sera remplacé par la saxophoniste Marie-Bernadette Charrier. Londeix continuera à enseigner à temps partiel au Conservatoire, et à offrir des conférences mensuelles sur divers sujets tirés de ses recherches.

Concert d’adieu, le 14 avril 1996

Pour marquer la fin de sa carrière d’interprète, Jean-Marie Londeix donne un concert d’adieu en 1996, avec la participation de l’Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, sous la direction de Patrice Guillon. Il joue quatre concertos de mémoire : Légende, Op. 66, de Florent Schmitt, Rapsodie de Debussy, Concerto de Glazounov, et Concertino da Camera d’Ibert.

Conclusion

(Jean-Marie Londeix à Lacanau (France), en 1991)

Selon l’auteur du livre (James C. Umble)  » Jean-Marie Londeix, Maître du saxophone moderne » édité aux éditions RONCORP Post Office Box 724, Cherry Hill, NJ 08003 USA, et qui fut l’un de ses élèves, Londeix est quelqu’un de noble et d’extraordinaire, dont la vie a inspiré et continue d’inspirer un grand nombre de personnes. Il s’investit infatigablement dans l’amélioration du sort des autres tout en restant fidèle à sa vision artistique. Ouvert aux idées nouvelles, il partage toujours aussi généreusement son savoir et son expérience. En tant que professeur et interprète, il s’est continuellement engagé à chercher et à exprimer l’excellence artistique. Toujours selon l’auteur, Londeix cherche sans cesse à se perfectionner, à aller au-delà des limites personnelles ou musicales auxquelles il fait face quotidiennement. La vie, l’art et l’esprit étant pour lui inséparables, il mène patiemment de front leur évolution.

Les quelques extraits qui sont transcrits ne sauront jamais remplacer l’acquisition de ce volume écrit par James C. Umble sur la vie de ce grand maître qu’est Jean-Marie Londeix. Il s’agit là d’un ouvrage majeur de grande qualité et de grande importance sur l’histoire et le développement du saxophone classique à travers un personnage extraordinaire qu’est Jean-Marie Londeix.

Le livre est publié aux éditions RONCORP Post Office Box 724, Cherry Hill, NJ 08003 USA.

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Un homage à Sigur Rashèr né le 15 mai 1907

Sigur Raschèrrascher1976

Sigurd M. Raschèr est né en Allemagne en 1907. Il a reçu un diplôme de Stuttgart Musikhochschule en 1930 et avait l’intention de faire carrière comme clarinettiste professionnel, mais il a changé pour le saxophone, sur lequel il est devenu un des interprètes mondiaux les plus grands.

En plus de la formation rigoureuse reçue au Conservatoire, dont il a obtenu un diplôme, il inclut des expériences comme musicien d’orchestre et comme enseignant dans des écoles primaires. En 1934 il a été nommé enseignant de saxophone au Conservatoire Royal Danois, Copenhague et plus tard au conservatoire dans Malm ö, en Suède. Il est devenu si identifié à la vie musicale du Danemark et la Suède qu’il est appelé un musicien scandinave. Aux ETATS-UNIS il a enseigné à l’École de Musique de Manhattan, l’Université du Michigan et l’École de Musique d’Eastman; et il a donné des cours à beaucoup d’autres universités et collèges.

Les tournées de concerts ont occupé beaucoup de son temps et d’attention depuis 1932 – on l’a entendu dans tout le centre musical de l’Europe et même en Australie éloignée et Tasmanie (1939 et 1959). Ses débuts américains ont eu lieu en 1939 avec l’Orchestre Symphonique de Boston; il est apparu plusieurs fois avec l’Orchestre Philharmonique de New York, aussi bien qu’avec l’Orchestre de Philadelphie, l’Orchestre de Cleveland, l’Orchestre Symphonique Nationale et beaucoup d’autres orchestres dans ce pays, en Europe, etc.

Le succès de Raschèr est lié au développement de l’étendue du registre du saxophone, à son contrôle phénoménal des gradations tonales, sa technique étonnante et un sens musical développé, a attiré l’attention de compositeurs sérieux. La liste de ceux qui ont écrit la musique pour lui inclut Bentzon, Borck, Brant, des Manteaux, Cowell, Dahl, Gläser, Glazounov, Hába, Hartley, Hindemith, Hlobil, Husa, Ibert, von Koch, l’Agneau, Larsson, Martin, Milhaud, Osterc, Wirth, Worley et beaucoup d’autres.

Concernant les possibilités artistiques du saxophone, Raschèr signale qu’Adolphe Sax, son inventeur, disait de son instrument qu’il est aussi flexible qu’un instrument à corde et aussi puissant qu’un cuivre. Qu’il possède la grande agilité technique et une puissance expressive égal à celle du violoncelle. Dans le développement de sa propre technique, Raschèr a essayé d’approcher aussi près que possible les hauts idéaux de l’inventeur du saxophone. Son succès a été considérable.

Raschèr, dont la puissance expressive sur une gamme de couleurs inclut celui de la flûte, le hautbois, la clarinette, le cor et le basson, a montré que la limite supérieure du registre du saxophone n’est due qu’au manque de capacité d’un interprète et n’est la faute ni de l’instrument, ni de son inventeur

Raschèr a réalisé avec un succès phénoménal l’approche des idéaux d’Adolphe Sax, en respectant et en développant les capacités tonales et techniques du saxophone. En 1938 il a reçu une photographie de la fille de l’inventeur Adolphe Sax, alors âgée de plus de quatre-vingts ans, lors d’un concert à Strasbourg où elle l’avait entendu jouer du saxophone. Elle lui fit le commentaire suivant :

« Vous jouez du saxophone comme mon père avait imaginé qu’il doit sonner ».

Sigurd Rascher

Une biographie personnelle « d’un saxophoniste extraordinaire »

Par Frederic Swift

Du Woodwind World février, 1971

Article ainsi que d’autres, disponible sur Classic Saxophone On-Line

Sigurd Rascher est un saxophoniste qui a connu une carrière exceptionnelle. Il a été soliste invité de plus de 50 orchestres incluant l’orchestre Symphonique de Boston, la Philharmonie de New York, Detroit et des orchestres de Washington dans ce pays. En plus des compositeurs qui ont écrit des travaux pour lui, son répertoire présent inclut Jorgen Bentzon, Henry Brant, Erwin Dressel, Feront Eisenmann, W.W. Glaser, Maurice Baron, Ingolf Dahl, François Pyle, Ernest Kanitz, Clair Léonard et Maurice Whitney. Au moment où nous avons préparé ce texte, M. Rascher partait pour une tournée de 50 concerts en l’Europe.

« C’était probablement en 1931, à l’école Rudolf Steiner à Berlin, que j’ai connu Mme. Fournesses, enseignante à cette école. Elle jouait et enseignait le violon. Son mari était un des altistes de la Philharmonique de Berlin. À ce temps-là je jouais déjà Bach sur le saxophone, mais la littérature originale pour mon instrument était plutôt mince. Jouer Bach sur le saxophone était alors, même encore aujourd’hui, une tentative audacieuse , mais mon éducation musicale avait commencé dans mon enfance par Mozart, Schubert, Beethoven, Bach, Handel, etc – tous ces maîtres ont composé de petits travaux.

« À cause de mon amitié avec les Fournesses, on m’a de temps en temps demandé de jouer le saxophone dans l’orchestre Philharmonique, quand il y avait des parties écrites pour cela. Tel en fut le cas un jour dans une pièce d’Edmond von Borck, qui dirigeait. Après la répétition je lui ai demandé s’il avait déjà pensé au saxophone comme instrument solo, une pensée qu’il avait vigoureusement nié. Mais après que j’eu joué pour lui pendant quelques minutes, il m’a demandé mon adresse.

« J’avais depuis longtemps tout oublié de M. von Borck quand on m’a demandé un jour de venir au téléphone. C’était lui qui me disait : » le concerto est prêt. « … venez me voir pour le jouer « .

« Le concerto a été alors choisi pour l’Allgemeines Deutsches Musikfest à Hannover en 1932, où je l’ai joué sous la direction du Generalmusidirektor Krasselt. C’était la première fois que je jouais avec un orchestre et j’ai fait une sensation incroyable, non seulement au Festival, mais dans des cercles de musique partout dans l’Europe. C’est aussi pour cette raison que l’Orchestre Philharmonique de Berlin avait arrangé un concert supplémentaire en octobre, seulement quelques mois après la première, pour être le premier orchestre à le présenter à son auditoire. De nouveau on m’a demandé d’être le soliste, cette fois sous la direction d’Eugen Jochum. Les Berlinois ont salué l’événement avec autant de joie et d’enthousiasme que l’auditoire principalement professionnel, au festival de Hannover.

« De nouveau la presse n’était pas ce que l’on pourrait appeler  » tiède  » et une carrière rapide a semblé être assurée – sauf qu’en 1933 la situation politique en Allemagne a changée résolument et dorénavant tel  » un étranger  » comme le saxophone (après tout, n’est il pas venu de la Belgique et de la France ?) n’était plus le bienvenu. En quelques semaines j’ai laissé l’Allemagne et n’y ‘ai pas remis les pieds depuis un quart de siècle. Après tout il y avait beaucoup de musique dans le reste de l’Europe et, comme je devais bientôt apprendre par l’expérience active, en Australie et aux États Unis aussi. En quelques années suivantes j’ai joué au Danemark, la Suède, la Norvège, la Finlande, l’Angleterre, la Hollande, la France, l’Espagne, l’Italie, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Pologne, etc… Glazunow, Coates, Larsson, Ibert ont écrit des oeuvres pour moi comme beaucoup d’autres aussi.

« Après d’innombrables concerts… 34 ans, j’ai de nouveau joué avec l’Orchestre Philharmonique de Berlin, cette fois dans son nouveau hall. Le chef d’orchestre était le célèbre Andre Cluytens, avec qui j’ai joué ma 92ème et 93ème performance du Concerto Ibert.

De nouveau les Berlinois ont semblé aimé la musique et la performance. Dans la salle, il y avait beaucoup d’amateurs de musique. « Jamais auparavant nous avons entendu un soliste au saxophone avec notre Philharmonie. «  » Je suis un abonné depuis pendant 20 ans et c’est le premier que j’entend….  »  » Mais je me rappelle un autre saxophoniste il y a longtemps…. « Une dame s’est tournée vers moi : » puis-je poser une question ? Vous savez, avant la Guerre (oui j’étais très jeune alors et suis allé au concert avec mes parents) la Philharmonique avait un saxophoniste. Et d’un air perplexe elle dit, « il avait le même nom : Rascher. Ne seriez-vous pas son fils par hasard ?  » je n’ai pas eu le courage de dire à la dame que dans ce cas je dois être mon propre fils!

« Piqué au vif par cette question, j’ai demandé à M. Stresemann le manager d’orchestre, s’il connaissait d’autres solistes au saxophone.  » Aucun  » , me répond-il laconiquement.

« Dans l’auditoire il y avait aussi ma fille Karen, avec qui je devais partager la scène pour un concert avec l’orchestre Philharmonique tchèque à Prague une semaine plus tard. Sur le stationnement en arrière de l’hôtel elle a dit sèchement : » je dois vraiment jouer avec la Philharmonique ici et je le ferai. « Peu d’entre vous savent comment cela devait être pour nous. »

« Pendant des années Karen a joué des concerts avec moi. Des récitals aussi bien que des apparitions avec orchestre. Elle était habituée à jouer de nouvelles oeuvres et savait que la plupart d’entre elles, excepté les oeuvres Baroques, avaient été composées pour moi. Peu importe l’orchestre, elle a eu l’intention de faire ce que j’avais fait tout au long, c’est-à-dire de jouer pour des compositeurs afin de les enthousiasmer pour SON instrument, le saxophone soprano. Bientôt elle pourrait jouer ‘ sa musique ‘ dans un récital, avec l’orchestre.

Je partage l’amour du compositeur pour le soprano, malheureusement il est encore plus rare d’entendre jouer de cet instrument qu’un autre saxophone. « De nouveau, comme en 1932, un concerto pour Saxophone Soprano et Orchestre. Aussi cette oeuvre a été choisi pour une exécution avec la Philharmonique de Berlin et cette fois, comme un plaisantin l’a fait remarqué , »une vrai tradition pour la famille « . C’était un autre Rascher qui jouait – Karen, en 1970.

Vidéo : Avec orchestre symp. Sigurd Rascher en Promotion pour Buescher (1/3)

Suivez les liens pour voir les vidéos de Sigur Raschèr :

Sigurd Rascher (promotion du saxophone Buescher 1/3)

Sigurd Rascher (promotion du saxophone Buescher 2/3)

Sigurd Rascher (promotion du saxophone Buescher 3/3)

Sigurd Rascher joue  « l’Arietta » de Waldemar Welander

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John HarleJohn Harle

John Harle est un des musiciens contemporains les plus passionnants en Grande-Bretagne. Il est considéré comme un leader du saxophone de sa génération. Sa performance du concerto pour saxophone « Panic at the Last Night of the Proms » d’Harrison Birtwistle en 1995 l’a propulsé sur la scène internationale – suivi en 1996 par « Terror and Magnificence », qui est monté au sommet des dix meilleurs albums de l’étiquette Decca/Argo, avec la collaboration du chanteur auteur-compositeur Elvis Costello.

Les plans pour son opéra, « Angel Magick », sont déjà en cours pour une première en été 1998 avec une sortie simultanée d’un enregistrement. John jouera et dirigera huit chanteurs, son propre orchestre et le viol consort Fretwork.

Comme soliste de concert son répertoire consiste en seize concertos écrits spécifiquement pour lui, et vingt quatre oeuvres pour orchestre. Son programme de récital (d’habitude avec le pianiste / compositeur Richard Rodney Bennet) est composé de certains des trente et une oeuvres de musique de chambre consacrées à John et une gamme immensément diverse de musique de John Dowland, de Chick Corea ainsi que ses propres compositions.

John Harle est le compositeur de plus de 25 oeuvres de concert et 40 musique de film et télévision. Stanley Myers et John Harle ont écrit ensemble « Prick Up Your Ears » qui a reçu le « Best Artistic Achievement » pour un Long métrage au Festival du cinéma à Cannes 1988 et John a depuis été en nomination à plusieurs reprises incluant le « Mercury Music Prize » et le prix de la Royal Television Society Awards’ Best Original Music (pour « Defence of the Realm »).

Comme interprète, compositeur et producteur sa discographie comprend environ trente cinq enregistrements sur des étiquettes incluant Decca, Argo, EMI Classiques, Sony, l’Hyperion, BMG, Virgin and A&M. Son dernier CD de sa propre musique « Silencium » est sorti sur l’étiquette d’Argo en octobre 1997.

Des collaborations importantes en concert, enregistrement ou film ont été faites avec Ute Lemper, Paul McCartney, Michel Nyman, Andy Sheppard et Elvis Costello; et avec le chef d’orchestre Riccardo Chailly, Michel Tilson-Thomas, Davis d’Andrew, Neville Marriner, Elgar Howarth et Welser-m Frans ö rue. En mars 1997, John Harle a fait une tournée et a créé la première du double concerto pour Violoncelle et Saxophone de Michael Nyman avec le violoncelliste Lloyd Webber Julien.

En 1989 John a été nommé Professeur de Saxophone et de Musique de chambre à l’École Guildhall School of Music and Drama à Londres et est le mentor d’une nouvelle génération de saxophonistes.

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Marcel Mulemarcel mule

Marcel Mule fut l’un des premiers à faire connaître le saxophone et ses possibilités d’expression pour la musique classique. C’est en donnant des concerts et en faisant des transcriptions ainsi que des adaptations pour saxophone à partir des oeuvres de grands compositeurs classiques et romantiques qu’il a su intéresser d’autres grands compositeurs de l’époque contemporaine à la cause du saxophone. Il s’est intéressé également à l’évolution de cet instrument en adaptant des méthodes et cahiers d’enseignement pour le saxophone.

Tous ceux et celles qui veulent entendre les premiers enregistrements de Marcel Mule , pour saxophone classique, ainsi que les oeuvres qui ont été écrites pour lui et que l’on joue encore dans toutes les écoles de musique, procurez-vous les rares enregistrements de ce grand interprète.

Marcel Mulepar Malcolm McMillan

Titre: Marcel Mule « le patron of the saxophone »….Encore!

Étiquette: clarinet classic

Numéro de l’album: CC0021

« C’est dans les années 1925 environ que le nom de Marcel Mule (né le 24 juin 1901) commença à se faire connaître. Ce soldat de la Garde Républicaine avait le premier fait connaître le saxophone comme instrument de musique classique, équipé qu’il était d’un répertoire impressionnant de morceaux classiques arrangés et de compositions commandées. Voyageant à travers l’Europe avec ou sans la musique de la Garde Républicaine, il s’établit comme le doyen de l’univers du saxophone.
 Au sein de la Garde Républicaine, il s’était acquis un respect considérable pour le nouveau timbre qu’il avait introduit, donnant à son instrument une qualité solo indépendante qu’on n’avait pas réalisée auparavant, ainsi que pour l’énergie inlassable qu’il déployait en encourageant ses collègues à suivre son exemple.
 Parmi ces derniers, il en invita trois à former avec lui le premier quatuor classique français de saxophone. Outre Marcel Mule (soprano), cette formation comprenait René Chaligné (alto), Hippolyte Pointboeuf (ténor) et Georges Chauvet (baryton). En 1932, après les cinq premières années de mise au point, Paul Romby s’y joignit comme alto. C’était un musicien formidable qui avait déjà enregistré des solos de styles divers et composé plusieurs morceaux. Il resta avec le quatuor pendant la période de son départ de la Garde Républicaine en 1936 et les années suivantes, représentant un total de treize ans. Ce n’est qu’après l’arrivée de Romby que le quatuor établit le vibrato très spécial et contrôlé qui le caractérisait et qui fit sa renommée internationale.

L’année 1942 fut importante dans l’histoire du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Car ce fut l’année où son directeur, Claude Delvincourt, décida de nommer un professeur de saxophone pour la première fois depuis le départ d’Adolphe Sax, inventeur du saxophone, du Conservatoire en 1870. Le choix qui s’imposait était celui de Marcel Mule, alors âgé de 41 ans et très respecté en France et à l’étranger.
Les temps étaient durs, Paris était occupée, et une offre comme celle-ci devait paraître comme une aubaine venue du ciel pour un musicien à son compte qui avait une femme et deux enfants à nourrir! Mule avait été appelé sous les drapeaux deux ans auparavant. Il avait été fait prisionnier et hospitalisé pendant six semaines. Cette occasion était donc à saisir car elle offrait la perspective d’une vie musicale nouvelle même si elle risquait d’être plutôt agitée.
 Des possibilités d’interprétation pour des musiciens indépendants s’offraient toujours à Paris auprès d’orchestre symphoniques ou de chambre, assorties de moments de service pour les orchestres de danse, et même de concert et d’émissions radiophoniques, malgré le fait que les Allemands étaient maître des lieux. C’est ainsi que Mule et son quatuor se virent solliciter presque toutes les semaines pour des émissions en direct à la radio, le saxophone étant devenu très populaire pour les Parisiens et leurs occupants. Mule fut même invité à inaugurer des classes de saxophone au Conservatoire de Berlin- une offre qu’il ne pouvait guère accepter! Pendant vingt-six ans, ses classes au Conservatoire de Paris prospérèrent pour devenir une institution révérée par des musiciens de toute l’Europe et des États-Unis. Mule insistait toujours pour jouer devant ses élèves, montrant que chanter avec éloquence et ne jamais manquer de narrer une histoire en interprétant un morceau constituaient les éléments centraux d’une bonne exécution musicale, quelque soit le type de musique. Parmi ses premiers élèves se trouvait Daniel Deffayet qui, après avoir remporté le premier prix cette année là, poursuivit sa carrière et succéda à Mule au Conservatoire. Il fit de nombreux enregistrements comme solo, et eu son propre quatuor de saxophone.

Un autre musicien avec lequel Mule se lia d’amitié, alors qu’il travaillait à la journée au début des années 1930, était Charles Munch, un violoniste devenu chef d’orchestre. En 1958, alors que Munch était directeur musical du Boston Symphony, Mule reçu une invitation à le rejoindre pour participer à une tournée de cet orchestre à travers les États-Unis et d’y interpréter deux concerts de son choix. Ne se faisant pas prier, Munch partit pour les États-Unis où il choisit d’interpréter le Concertino Da Caméra d’Ibert et la Ballade de Tomasi à non moins de douze occasions et également de donner un récital à Elkhart, une impressionnante tournée pour tout musicien, surtout quand il s’agit d’un homme de 57 ans, éprit de son foyer, et pour qui les longs voyages étaient éprouvants. Malgré le succès de cette tournée, qui non seulement affermit la réputation de Mule mais appuya également sa campagne pour accréditer le saxophone comme voix à prendre au sérieux en musique classique, cet effort laissa des marques. Ayant développé des douleurs au thorax et des essoufflements, il décida de ne plus se produire en solo, sans préalablement avoir été fait Chevalier de la Légion d’Honneur pour services rendus à son pays. Il avait survécu deux guerres mondiales, vu de nombreux confrères disparaître, et connu l’Occupation. On comprend qu’il avait été un pacifiste ardent.

L’un des premiers compositeurs à tomber sous le charme du style musical et de la présentation unique de Marcel Mule fut Pierre Vellones (1889-1939), un éclectique dont le désire d’injecter de nouvelles sonorités dans la musique classique fut exaucé par la venue du cinéma, du jazz, de l’électronique et du saxophone! Sa voix fut certainement l’une des voix uniques du monde musical de Paris à cette époque, malgré le fait qu’il était un musicien amateur et invalide.

Henri Constant Gabriel Pierné (1863-1937) [que vous pouvez voir sur la photo ci-haut], compositeur légèrement plus âgé qui se rapprochait davantage du courrant dominant de la tradition française, fut séduit par les délicieuses sonorités du quatuor et de Marcel Mule et produisit, en 1937, ce qui fut peut-être la composition le plus influente de ce genre: Introduction et Variations sur une Ronde Populaire. Cette oeuvre lance un défi à la technique des quatre interprètes, étant pleine de juxtapositions fantasques de styles différents. A certains moments, l’atmosphère est sombre et à d’autres, pleine d’esprit et de syncopations. Mais cette musique dégage en tout temps une élégance équilibrée, représentative de la meilleure musique française de cette époque.

Un autre grand compositeur pour saxophone ,Jean Rivier (1896-1987) [sur la photo ci-haut], de style quasi-minimaliste, se prête tout naturellement au son très homogène de quatre saxophones. La densité des passages d’ensemble contrastant avec une écriture polyphonique distincte fait de son Grave et Presto un morceau particulièrement expressif et intéressant, qui certainement lance un défi à l’ensemble et à l’auditeur. Composé un an après le tour de force de Pierné, ce morceau contribua à ouvir la voix à d’autres compositions nouvelles, lesquelles, dans le cas de Rivier, prirent la forme en 1955 d’un Concerto pour saxophone et orchestre (enregistré par Deffayet et Delmotte).

le patron of the saxophone

Étiquette « Clarinet classic »

CD CC0013.

Marcel Mule – Autoportrait

(propos recueillis par Roland Pierry)

Lors du Congrès mondial du saxophone qui a eu lieu à Montréal à l’été 2000 dernier, j’ai pu me procurer un nouveau CD du grand maître. On y retrouve des propos recueillis par Roland Pierry. Il s’agit d’une entrevue que Marcel Mule avait accordée quelques jours avant son quatre-vingt-dixième anniversaire.

Q – Comment êtes-vous venu au saxophone?

 » Tout naturellement. Mon père était un excellent saxophoniste pour son époque et , après son service effectué dans une musique militaire, s’était vu proposer des situations par diverses sociétés, sous conditions d’exercer ses talents dans l’Harmonie locale. J’ai donc habité d’abord l’Orne, puis Hévreux, où mon père formait les jeunes musiciens. : trompettistes, clarinettistes…et naturellement des saxophonistes. Nous étions une douzaine de jeunes saxophonistes au pupitre de l’Harmonie qu’il dirigeait alors et, naturellement, faisions l’objet d’une attention particulière de sa part.

Mes parents, toutefois, ne souhaitaient pas me voir embrasser la carrière de musicien, dont les débouchés leur paraissaient déjà fort aléatoire, et leur ambition pour moi était de me voir devenir instituteur et d’épouser une institutrice. Je me suis donc retrouvé à l’École Normale et , à la sortie, instituteur dans l’école primaire où j’avais passé mon enfance avec, comme Directeur, mon ancien instituteur. Mais je n’ai pas épousé une institutrice.

Lorsqu’il a fallu faire mon service militaire, je suis entré à la Musique du 5ème R.I. cantonnée rue de la Pépinière à Paris.

En quelque sorte, je me rapprochais de la rue de Madrid ! Et là, pendant deux ans, j’ai assisté à des concerts et travaillé le violon avec Gabriel Willaume. C’était un grand artiste qui m’a beaucoup apporté au plan de l’interprétation et, naturellement, les affaires que je faisais avec d’autres instrumentistes ayant fait le Conservatoire élargissaient mes expériences.

Une place à la musique de la Garde Républicaine s’étant présentée à la fin de mon service militaire, j’y suis entré, vers 1929, ai commencé à ajouter le vibrato à mes exécutions de musique classique « .

Q – Quand avez-vous commencé à enseigner au Conservatoire

 » En 1942. À cette époque, il y avait une classe de saxophone au Conservatoire de Versailles où j’étais régulièrement appelé comme membre du jury, mais il n’en existait pas à Paris. Quand Monsieur Claude Delvincourt a été nommé Directeur du Conservatoire de Paris, sa première réaction a été d’en créer une, qu’il m’a confiée. Cette création a d’ailleurs été faite au prix du regroupement des classes de trompette et de cornet à piston. Pendant un moment, le Professeur de ce dernier instrument, voyant sa classe disparaître, a pensé qu’il s’agissait d’une intrigue de ma part, et a été affecté ; mais la vérité a vite été rétablie et nos relations n’en ont pas été altérées.

L’enseignement m’a beaucoup apporté. J’ai eu de nombreux élèves, et des élèves de qualité, dont la fréquentation m’a également enrichi « .

Sur le CD qui est titré  » Marcel Mule la légende » et qui porte le numéro suivant (A.SAX 98) , on y retrouve des enregistrements qui ont été sélectionnés , en collaboration avec la maison Selmer, par Roland Pierry, Roland Audefroy et Guy Lacour.

On y retrouve , comme titres entre autres, les pièces suivantes :

Sonate op. 19 de P. Creston / Caprice en forme de valse de Paul Bonneau / Les Tableaux de Provence, Paule Maurice / Le Quatuor de Alexandre Glazounov / Divertissement de P-M. Dubois / Quatuor de F. Schmitt / 6ème Sonate de J-S Bach / Euskaldunak de P. Lantier / Quatuor de A. Borsari / Goyescas de E. Granados / Concertini de J. Ibert et Pièces pour violon de Kreisler. Un excellent CD souvenir donc de ce grand maître que je vous suggère et que vous pouvez vous procurer auprès de l’association des saxophonistes français. En voici une photo de la pochette.

Daniel Deffayet

Daniel Deffayet a commencé à étudier le solfège à l’âge sept ans, le violon à l’âge 8 ans , et saxophone à l’âge 12 ans. Ravi par la chaleur, la beauté et la qualité sonore du saxophone qu’il a entendue par les enregistrements de Marcel Mule dans les années 30, Deffayet a commencé à étudier l’instrument avec le Maître en 1938. Quand la classe du saxophone a été établie en 1942, et que Marcel Mule fut nommé professeur au conservatoire de Paris (C.N.S.M. Deffayet était parmi les premiers étudiants de la classe. Au printemps de 1943, il a gagné le premier prix pour Saxophone. Il a également reçu un diplôme de musique de chambre (1944, classe de J. Benvenuti), le violon (1945, A. Classe de Tourret), et harmonie (classe de M. Durflé).

En octobre, 1940, Deffayet a commencé à remplacer Marcel Mule pour différents engagements à l’Opéra et Opéra Comique. En tant que musicien d’orchestre, Deffayet s’est exécuté sous la direction de plusieurs conducteurs célèbres comme Dorati, Kubelik, Boulez, Bernstein, Maazel, Markevitch, Martinon, Monteux, Leinsdorf, Paray, Villa-Lobos, Fricsay, Cluytens, Mâche, et Ozawa. De 1966 jusqu’ à sa mort en 1988, Herbert von Karajan l’a appelé pour être son saxophoniste accrédité pour les enregistrements importants et pour jouer des solos avec l’orchestre de Berlin Philharmonic. Il a également joué régulièrement avec plusieurs orchestres parisiens, y compris le national d’Orchestre, l’opéra, le Philharmonique, et beaucoup d’autres.

Deffayet a commencé sa carrière d’enseignant en 1948, comme professeur aux Conservatoires municipaux à Paris, l’Ecole municipale de musique de Beauvais, et au Conservatoire du Mans. Pendant plusieurs années il a enseigné au Conservatoire du 10ème arrondissement, le premier des Conservatoires municipaux à Paris. L’instruction était libre, avec l’enseignement fourni par les professeurs bienveillants, pour fournir un plus grand accès à la musique; quelques étudiants ont ainsi pu entrer au Conservatoire de Paris .

Quand Marcel Mule s’est retiré en 1968 après 25 ans d’enseignement, Deffayet a pris la relève et a continué à perpétuer l’esprit de l’école française du saxophone. Il est resté sur une période de 20 ans, puis il a été nommé professeur honorifique du Conservatoire de Paris .

En 1953, l’année où il a débuté en tant que soliste, il joue le Concertino da Caméra de Jacques d’Ibert, il forme également le Quatuor de saxophones Daniel Deffayet. En quatuor il donne de nombreux concerts en France, ainsi qu’en Angleterre, en Suède, en Allemagne, en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis, Japon, et en Corée, jusqu’en 1988 quand le groupe se sépare. Depuis cette époque, Deffayet a collaboré avec la maison d’édition Leduc, transcrivant divers travaux pour le saxophone. Deffayet a continué son enseignement en donnant des classes de Maître autour du monde dans la tradition française établie par Marcel Mule.

Daniel Deffayet a choisi des versions (malheureusement les copies ne sont pas disponnibles): Ibert: Musique (épique) instrument à vent : Concertino Da Caméra, Gallois-Montbrun, Glazounov (Société Musicale D’Héritage) Double Concerto (RTF-Barclay) Debussy: Rapsodie (Erato) Daniel Deffayet, Alto Saxophone: Boutry, Gallois-Montbrun, Rueff (Crest) George Bizet: Suites 1 et 2 (Deutsche Grammophon) Oeuvres de P.M. Dubois, Challan, Planel (IEM) Le Quatuor de Saxophones Deffayet, Rueff, Tisné, Pascal (CBS Sony) Quatuors de Saxophones de L’Arlesienne: Desenclos, Pierné, Rivier, Schmitt (IEM) L suprême du Quatuor de Saxophones (BCS/cSony) Pièces Classiques, Célèbres ‘ d’art: arr. par M. Mule (Londres) Le Quatuor de Saxophones Deffayet: Glazounov, Feld, roseaux de Schmitt (Crest).

Anches et embouchures – utilisations de Daniel Deffayet:

Embouchure de Saxophone Alto de marque Vandoren A35 (V5);

embouchure Vandoren S25 Saxophone Soprano

Anches #3 (V5); #3 Vandoren.

Vidéo de Daniel Deffayet avec orchestre symphonique:

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