Étude du saxophone

saxophones famille

Sujets abordés sur l’étude du saxophone dans cette page

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Organisation et méthode de travail :

Pour être efficace dans ses séances de travail à l’instrument, il est important de bien gérer son temps versus les éléments que l’on veut ou doit travailler. Toute séance de pratique instrumentale devrait inclure différents aspects du travail tel : la technique, les Études, le répertoire, la mémorisation, la mémoire auditive, le travail de l’improvisation (en jazz) la transcription de solos jazz, etc…

. Une séance de travail complète à l’instrument, pour un étudiant en concentration musique, devrait durer au moins une à deux heures par jour, du moins au niveau collégial,  pour assurer les acquis dans ses apprentissages. Les deux heures ne sont pas obligées d’être successives mais l’objectif de la journée est d’assurer le temps maximal. Il faut aussi miser sur la régularité dans le temps de travail hebdomadaire. Même si on a travaillé 2 heures le lundi, le fait de ne pas retravailler avant le jeudi qui suivra dans la semaine, fera que le travail ne sera pas efficace. Les apprentissages ne seront pas retenus et la réussite des objectifs ne sera pas atteinte. Il est important une bonne planification de travail afin de définir définir ce que l’on veut pratiquer.

. Chacun des aspects du travail peut comporter de courtes séances d’une durée de 15 à 20 minutes sur chacun des items choisis. Exemple :

Aspect technique : Sons filés, gammes et arpèges, travail sur les arpèges d’accords (en jazz), les Études et la musicalité (nuances, articulations, phrasés), le Ear training (en jazz) sur séquences harmoniques et travail sur les « Guide tone » (lignes guides harmoniques).

Aspect répertoire : Les époques, les styles, les articulations, les nuances, les tempos, le phrasé, la mémorisation, l’analyse de la forme, la compréhension harmonique et mélodique.

Aspect improvisation : La créativité et l’invention, le développement de la pensée (compréhension), la compréhension du contexte modal et du centre tonal, les phrases, la carrure de la pièce, la forme, les grilles harmoniques, la transcription de solos (l’apprentissage par l’exemple), analyse de la transcription du solo, travail sur des « Licks » (expressions jazzistiques et apprentissage du langage), audition de musique (connaissance du langage et affirmation culturelle de l’instrumentiste).

. Pratiquer avec le métronome à des tempos différents.  D’abord lentement puis augmenter graduellement pour vérifier vos réflexes et le contrôle de votre souplesse.  Être créatif avec le métronome en travaillant avec les temps forts rythmiques (le 2 et le 4) au lieu de toujours penser sur 1 et 3. Penser votre pulsation en « Half time et double time » (2 fois plus lent et 2 fois plus rapide).

. Assurez-vous de bien vous situer dans le contexte harmonique de la pièce que vous    travaillez. Exemple, quand vous travaillez un « Lick » (une expression du langage musical), identifier correctement à quelles progressions harmoniques correspond l’idée mélodique de ce « Lick ». Parfois, le « Lick » travaillé peut fonctionner avec plusieurs autres progressions harmoniques dans d’autres tonalités, d’autres contextes ou styles. Travailler cette expression du langage (Lick) dans les 12 tons chromatiques.

. Appliquer le principe qu’il faut répéter 3 fois minimum de façon consécutives un item de travail sans faire d’erreurs. Que ce soit pour les gammes et arpèges, les arpèges d’accords de 4 sons, les « Licks », les phrases musicales et les articulations, etc…. , Si vous vous trompez vous devez reprendre votre travail à zéro. Si c’est le cas, c’est probablement que votre esprit n’a pas retenu l’exercice et/ou que vous travaillez probablement trop vite. Il se peut également que vous ne soyez pas suffisamment concentré. Reprenez depuis le début et appliquer à nouveau le principe de répétition des 3 fois consécutives. Cette méthode de travail aiguisera vos réflexes, vous aidera à mémoriser des traits et vous donnera plus d’assurance dans votre jeu instrumental.

. Accordez-vous de courtes pauses qui peuvent varier entre 4 à 5 minutes à toutes les 45 minutes environ, ou encore à mi-séance de travail . Profitez-en pour changer de posture, de bouger et de marcher. La concentration est plus difficile à obtenir après 45 minutes et on devient moins efficace. Il est possible aussi de travailler en doigtés. Cette façon de faire consiste à ne pas souffler dans l’instrument mais de n’utiliser seulement que les doigtés. On en profite pour penser différemment c’est-à-dire, jouer avec plus de souplesse et détendre le mouvement des doigts. Cette méthode est aussi efficace pour la mémorisation du fait que nous ne sommes pas dérangé par le son. Cela permet également de reposer la musculation faciale et des lèvres. Enfin, n’essayez pas de tout apprendre et de tout contrôler dans une séance de travail. Il y a d’autres heures dans une journée et d’autres journées dans une semaine. Essayez plutôt d’atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés dans votre séance de travail de la journée. En appliquant cette méthode, vous pourrez vérifier et constater ainsi votre progrès à chaque journée et à chaque semaine. À la fin de votre séance de travail, accordez-vous le plaisir de jouer une pièce que vous connaissez bien et que vous avez du plaisir à interpréter. Amusez-vous à improviser ou à jouer de mémoire une chanson que vous connaissez même si vous n’avez pas à la travailler. Cela aiguisera vos réflexes digitaux avec votre pensée. Ça contribuera aussi à libérer votre esprit et à développer vos automatismes à l’improvisation.  La musique se joue sans partitions de la même manière que nous parlons sans avoir un texte pour exprimer notre pensée. Enfin, Le travail instrumental en est un de longue haleine et il est exigent. C’est un peu comme apprendre à marcher, à parler et à lire. Nous n’apprenons pas tout ça pas en une journée ou en une semaine, mais plutôt en une vie ! Il faut aussi comprendre que le travail instrumental est très gratifiant et est une grande source de valorisation quand on réussi à bien exprimer un texte musical ou à réussir une improvisation avec un groupe de musiciens et qu’il y a eu de bons échanges avec eux.

Télécharger : planification de pratique

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L’aspect technique de l’instrument

Les sons filés, ça sert à quoi ?

. À bien placer le son de notre instrument.
. À centrer notre énergie et focaliser sur le son uniquement.
. À renforcer les muscles faciaux.
. À placer tout l’aspect sonore et la souplesse des émissions.
(Les nuances, la justesse, l’appui et le diaphragme, l’œsophage et l’ouverture de la gorge)

10 à 15 minutes peuvent aider à chacune des séances de travail à améliorer la sonorité. Ne pas jouer mais écouter le son. Travailler en faisant différentes nuances tout en gardant le son bien droit. Faites des crescendos et decrescendos. Être actif lors de ce travail. Se déplacer dans le local de travail permettra d’entendre votre sonorité différemment selon l’endroit où vous êtes dans le local. Choisissez une note et commencez l’exercice en étant attentif aux aspects mentionnés plus haut. Arrêtez, puis déplacez-vous et choisissez une autre note et reprenez le son filé. Ceci est un excellent exercice d’échauffement en début de séance de pratique.

Exercices d’échauffement intéressants proposés par Mathieu Gaulin.
Regardez le document : Échauffement pour saxophone

Pour aller encore plus loin , toujours du même Auteur :
Le contrôle du son et la maîtrise du suraigu au saxophone

Visitez son site Web : Mathieu Gaulin

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Les gammes et les arpèges, ça sert à quoi ?

.  À connaître, contrôler et devenir plus habile sur son instrument dans toute son étendue.
.  À contrôler le son dans les aigus mais aussi dans les graves.
.  À contrôler l’aspect digital et la souplesse du mouvement.
.  À connaître les différents doigtés selon les tonalités que l’on joue.
. À travailler les différentes articulations que l’on rencontre dans la musique classique et jazz, pop ou latin.
. À contrôler tout l’aspect de la dynamique sonore de tout le registre de l’instrument.
. À travailler la régularité de la pulsation et le contrôle des différentes rythmiques.

Si on ne se limitait à jouer que des pièces ou des Études, il nous serait pratiquement impossible de connaître l’instrument et ses possibilités. La plupart des mélodies des pièces et des «Études que l’on joue, n’utilisent pas toute l’étendue de l’instrument. Nous serions des instrumentistes limités. Nous aurions de la difficulté à exprimer la musique dans son ensemble. Ce serait comme décider de jouer du hockey dans les ligues majeures en ne voulant que lancer des rondelles dans les buts. Ce serait refuser de patiner, de faire des passes aux autres joueurs. Ce serait refuser de travailler son cardio, de renforcer le bas du corps et autres entrainements du genre. Pourquoi énumérer tout ça, c’est parce que les gammes et arpèges nous amènent à travailler toujours sur toute l’étendue de l’instrument, de le contrôler, le connaître et aussi de devenir de plus en plus habile.

Dans les faits, le travail des gammes et arpèges est crucial pour l’expression musicale et le plaisir d’interpréter et improviser. Tout ce qui est mentionné plus haut doit être au service de la musique. C ‘est pour cette unique raison que tous les instrumentistes sérieux le font. Une fois que nous avons fait ce travail, il nous est permis de jouer et d’exprimer la musique et d’en retirer une grande satisfaction. Avec un bon professeur, vous aurez sans doute un programme qui vous sera suggéré. Ce programme vous permettra de vous améliorer dans vos apprentissages de façon progressive et soutenue.

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Le travail du détaché et les articulations, ça sert à quoi ?

Le détaché et les articulations en musique c’est un peu comme la prononciation des mots. Ça nous permet de mieux nous faire comprendre quand nous parlons et de mieux exprimer la phrase d’une composition selon son contexte. On n’exprime pas une phrase en musique classique de la même manière qu’en jazz ou en pop. Le contexte est totalement différent. Il fait appel à des époques différentes et des cultures distinctes. Dans cet esprit, travailler des exercices sur différents détachés aidera l’instrumentiste à aiguiser ses réflexes et l’aidera à une meilleure expression de la phrase. Il est donc important d’appliquer et d’associer ce travail à celui des gammes et arpèges. Quand on travail l’aspect du détaché avec les gammes, on ne pense pas nécessairement musique mais on pense réflexes, détente, précision et rapidité entre autre. Par contre, rien ne nous empêche de jouer une gamme ou un arpège de façon musical en y associant des idées reliées à l’expression comme par exemple : Fort, doux, léger, puissant, dansant etc…. Il faudra tout simplement par la suite associer le type d’articulations à l’époque et au style du texte que l’on doit interpréter. L’analyse de la pièce entre en jeu à ce moment pour la compréhension. Il nous faut situer l’époque et le style de l’œuvre que nous jouons pour l’exprimer correctement dans son contexte. Que ce soit du classique ou du jazz ou de la musique Pop. L’approche est la même, seul le résultat sera différent selon l’esprit du texte musical .

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Le travail en doigtés et en souplesse, ça sert à quoi ?

Quand nous marchons, nous ne pensons pas à lever le pied droit puis le gauche et ainsi de suite. Il y a un automatisme en nous qui fait que ce n’est pas nécessaire de le faire. Par contre, sur certains terrains glissants ou des surfaces inégales, nous devons corriger le pas et faire attention à la façon dont nous allons bouger. Créer de bonnes habitudes d’instrumentiste en développant un automatisme à jouer détendu. C’est ce qui nous aidera à franchir les différents parcours de la partition. Peu importe la difficulté et la virtuosité qu’elle peut nous demander parfois. C’est dans cette optique que nous devons aborder ce travail. Jouer tendu ne nous empêche pas d’exprimer la musique mais peu certainement nous nuire sur certains passages plus difficiles. Si nous n’en sommes pas conscient, il nous est impossible d’interpréter certains passages plus complexes et par le fait même de jouer notre pièce sans erreurs.

Le travail en doigtés, (sans souffler dans l’instrument), nous permet de répéter des traits qui sont difficiles en jouant lentement  tout en les enchaînant sans être obliger d’arrêter pour respirer. Notre esprit retient alors le réflexe du geste de jouer la phrase en entier et non seulement une partie que l’on travaille. Il faut ajouter à cela que ce qui est difficile au saxophone, ce n’est pas nécessairement de peser sur les plateaux pour jouer les notes mais de retenir le geste qui fait que les doigts lèvent trop. Aussi, le fait de trop lever les doigts et de jouer tendu cause souvent des problèmes de synchronisation et de précision. Quand vous travaillez en doigtés et lentement, concentrez-vous sur le geste. Ayez la sensation que les doigts touchent encore au plateau quand celui-ci est levé. En d’autres mots, jouez près de l’instrument. Développez ce réflexe et avec le temps, vous verrez que ce sera plus facile quand vous aurez à jouer des passages plus complexes. Ce principe ou cette façon de travailler peu s’appliquer autant dans les gammes que dans les traits difficiles que l’on retrouve dans les Études ou dans les pièces.

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L’aspect créatif du travail à l’instrument

Le travail des Licks, ça sert à quoi ?

Les « licks » sont de courtes phrases musicales la plupart du temps entre 1 et 4 mesures qui sont accolées à un style musical (surtout en jazz). Ces mélodies servent de lien harmonique dans une pièce de jazz la plupart du temps. Il faut les voir comme étant une expression de ce langage au même titre que nous avons des expressions, dans notre façon de nous exprimer, qui sont particulières dans certaines régions géographiques. Apprendre des « licks » en jazz c’est nourrir son vocabulaire et enrichir la phrase d’une improvisation.  Les « licks » appris peuvent être interprétés sous leur forme originale ou à l’occasion être modifiés par l’interprète. Un « lick » peut également servir de réservoir d’expressions lors d’une improvisation en jazz et être perçu comme un complément au flux créatif. Un « lick » appris dans les 12 tons chromatiques pourra servir dans toutes les situations  selon les tonalités. Il est essentiel de faire l’analyse du mouvement mélodique et de comprendre la direction harmonique dans lequel il est utilisé. L’interprète peut créer lui-même son propre « lick » et s’en servir dans ses improvisations. Il contribuera avec le temps, et avec l’ajout d’autres expressions du même type, à personnaliser son jeu d’interprète.

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La transcription des solos, ça sert à quoi ?

Nous apprenons par l’exemple depuis que nous sommes nés. Nous avons appris à parler en écoutant nos parents, à manipuler des objets et s’en servir pour manger, boire etc. Nous avons appris à marcher en nous appuyant après des objets et en essayant de ne pas tomber. Parce que nous l’avons fait souvent, nous sommes devenus habiles et n’avons plus de problèmes avec l’équilibre. C’est donc par l’exemple et la pratique que nous développons des habitudes et habiletés qui nous rendent fonctionnels dans nos activités.

Le travail de transcription des solos n’échappe pas à cette règle. Le fait d’écouter un soliste sur un enregistrement et de répéter ce que l’on entend à notre instrument fera que nous aurons appris une idée stylistique, une façon de s’exprimer, un phrasé, une articulation spécifique, une façon de jouer le vibrato, une façon de « groover » et de développer notre personnalité d’interprète. Ça aidera aussi à développer notre idée créatrice dans l’improvisation. Il nous faudra être patient, puisque c’est un travail de longue haleine. La passion devra être au rendez-vous mais le temps investi sera bénéfique avec les années. Il serait important et pertinent de choisir une pièce que l’on aime particulièrement et qui nous semble être de notre niveau instrumental pour nous assurer de bien réussir la transcription et d’être capable de la jouer.

Il faut apprendre à marcher avant de courir et l’expérience de la transcription doit être positive. Nous recherchons le plaisir de jouer et non la tristesse de l’échec à n’avoir pu compléter ce travail à cause des difficultés techniques trop avancées. Il est possible aussi de transcrire sur papier ce que nous entendons. Ce qui est un travail remarquable. Le fait de l’écrire nous aidera à retenir et nous souvenir forcément mais aussi nous aidera à visualiser et analyser la mélodie et les accords ainsi que la compréhension de l’improvisation. Avec le temps et après plusieurs transcriptions, vous aurez formé votre vocabulaire, votre esprit d’analyse et de compréhension de ce langage. Parallèlement à ce travail, celui de l’improvisation devrait être amorcé sur une base régulière normalement. Vous pourrez à ce moment jouer votre transcription, mais aussi vous en servir comme réservoir d’idées pour l’improvisation.

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Le travail de l’improvisation, ça sert à quoi ?

On ne s’improvise pas improvisateur. Au même titre que l’on se prépare pour exposer une idée que l’on veut exprimer à un groupe de personnes, il faut se préparer et connaître notre sujet afin de laisser notre esprit libre pour raconter. Au départ, il faut connaître nos gammes, les modes, les accords et être relativement habile à l’instrument. Il faut aussi être fonceur et avoir le goût de créer.

Comment doit-on travailler l’improvisation ? La première approche de travail fait plus appel à l’aspect théorique et l’analyse. D’abord, bien connaître le thème de la pièce à jouer et d’en reconnaître la forme. Deuxièmement, faire l’analyse harmonique pour connaître le centre tonal, les accords et les éventuelles modulations. On cherche à avoir une idée globale de la pièce à interpréter. Troisièmement, choisir les différents modes et gammes, les connaître et les jouer à l’instrument afin d’être habile à les utiliser dans une improvisation. La deuxième approche fera appel à l’aspect technique instrumental. C’est-à-dire travailler les arpèges des accords de la pièce de façon mécanique et à nous amener à entendre l’harmonie et ses modulations passagères ou complètes. La quatrième approche fera appel un peu plus à la créativité. On la qualifiera d’improvisation thématique. C’est-à-dire que l’on se sert du thème comme réservoir pour la créativité et l’invention. On pourra rechercher à faire des variations rythmiques en rephrasant et paraphrasant le thème. Ensuite, on cherchera à jouer de courtes mélodies de 2 ou 4 mesures en improvisant, tout en se servant soit du thème ou des arpèges d’accords. On pourra rechercher à travailler l’imagination créatrice en chantant et en jouant. En effet, il est plus facile d’improviser en chantant que d’essayer de jouer ce que nous pensons. Il nous faut donc développer les automatismes et les réflexes à l’instrument. Comment y parvenir ? Tout en travaillant avec la séquence musicale, chanter sur deux mesures de courtes idées mélodiques puis essayer de les reproduire à l’instrument. Au début ce ne sera pas facile, mais à la longue vous deviendrez plus habile à le faire. Le réflexe que l’on veut développer est, (et c’est là l’essentiel de l’improvisation), d’en venir à exprimer notre pensée par l’instrument. Nous pourrons aussi chercher à travailler sur la « récupération d’idées ». Cela consiste à nous servir d’une idée mélodique ou rythmique que nous avons déjà jouée, et de réexposer cette idée pour construire et développer une phrase complète. Plus tard, Nous chercherons à travailler une improvisation sur un « Chorus » complet. Nous rechercherons aussi à créer et exprimer un développement et une conclusion dans notre improvisation. Nous chercherons à raconter une histoire et surtout pas à ne jouer que des modes ou des gammes. Le travail de l’improvisation est particulier et demande d’être bien organisé et structuré dans sa méthode. Il faut comprendre qu’il n’y a rien d’écrit sur ce que nous pratiquons. En effet, quand nous jouons une mélodie, celle-ci est entièrement écrite sur la feuille alors que dans l’improvisation, la mélodie se fait au moment où nous la jouons. Si c’est possible, il est bien de s’enregistrer pour évaluer nos progrès ou encore de nous permettre de voir les faiblesses et de les corriger.

Il va sans dire que le fait de jouer avec des musiciens est primordial. C’est à ce moment que notre travail personnel prendra tout son sens. L’interaction avec ceux-ci aura un intérêt marqué sur notre jeu et notre créativité à l’improvisation.

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Le travail du « Ear training », ça sert à quoi ?

Le « Ear training » sert au développement de l’oreille, à la mémoire auditive, au développement des réflexes et des automatismes à l’instrument. C’est un travail qui a d’abord et avant tout un aspect technique et surtout créatif. L’objectif est d’être capable d’exprimer à l’instrument le résultat de notre pensée. Ce n’est pas un travail d’improvisation mais ça demande toutefois d’être créatif dans notre démarche. Il n’est pas nécessaire de travailler sur une séquence musicale et même préférable de ne pas le faire au début puisque ça facilitera les apprentissages. Dans un premier temps, il suffira de choisir une mélodie connue et d’essayer de la reproduire à l’instrument de mémoire. Même si nous ne la jouons pas au complet, les réflexes à l’instrument se développeront et nous habitueront à jouer sans une partition de musique. Deuxièmement, s’inventer (imaginer / composer) une courte mélodie, la chanter et la jouer aussitôt à l’instrument. Cette approche aide à développer notre imagination. Troisièmement, cette fois sur une séquence musicale, si possible un Blues jazz, chanter de courtes mélodies de deux mesures et les reproduire aussitôt à l’instrument. Essayer d’appliquer cette approche dans une improvisation sur la même séquence musicale. Ce type de travail fait beaucoup appel à l’autonomie de l’apprenant et demande de l’organisation et de la méthode.

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Le travail sur les « guide tone » ça sert à quoi ?

« Les guide tone » ou lignes guides sont des notes qui sont importantes dans les accords et qui donnent une direction à la mélodie éventuellement. Elle ont une attraction sur le mouvement harmonique et par le fait même peuvent alimenter le dessin mélodique soit d’une improvisation ou d’une composition. La connaissance des « guide tone »  est d’abord d’ordre théorique mais aussi d’ordre de mémoire auditive. En effet, il est bien de comprendre la mécanique des « guide tone » , mais ça ne sert à rien si on n’est pas capable d’entendre la résolution de ces notes à caractère harmonique. Donc, c’est d’abord et avant à tout à l’intérieur d’un cours de formation auditive que l’on apprendra à connaître le principe des « guide tone », de s’en servir au niveau de l’écriture et de ses techniques. Mais aussi on aura probablement expérimenté le travail de mémoire auditive dans ces cours. Une fois  ces connaissances acquises, il sera ensuite possible de faire un lien de cette technique  et de l’appliquer dans nos improvisations. L’objectif visé par l’utilisation des « guide tone » est toujours de donner une direction mélodique qui colle au mouvement harmonique. On cherchera dans un premier temps, dans le travail à l’instrument,  à déterminer quelles sont les meilleures notes à utiliser sur le mouvement des accords. C’est un travail d’analyse sur les marches harmoniques de la pièce. On pourra commencer par le mouvement de résolutions des septièmes (7e)  et des tierces (3ce) dans les accords de dominante à tonique.

Il sera bien de les écrire d’abord, de les chanter et de les jouer à l’instrument par la suite. On choisira des valeurs rythmiques longues en premier. L’objectif est d’entendre et mémoriser ces notes caractéristiques à ces accords. Ensuite, il s’agira de reprendre l’exercice mais en ajoutant de courtes mélodies qui graviteront alentour de ces notes. Ce qui est important est de savoir que les notes du « guide tone » utilisé seront celles qui donneront une direction mélodique mais aussi qui nous fera coller à l’harmonie. C’est un travail de longue haleine, mais essentiel pour l’improvisation. Une fois cette partie de travail atteinte, il est possible de poursuivre avec d’autres extensions des accords comme les 9e, les 11e et les 13e. On pourra rechercher cette même approche de travail aussi bien dans des pièces de contexte Majeur ou mineur et modale.

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Le travail du répertoire, ça sert à quoi ?

Le saxophone est un instrument relativement jeune si on le compare à des instruments comme le violon ou la guitare entre autre. Au moment d’écrire ces lignes, le saxophone a 163 ans et il est le dernier instrument à vent acoustique à avoir été inventé. Donc aucune œuvres de l’époque dite classique et encore moins de la Renaissance n’ont été écrites pour notre instrument, puisque celui-ci a été inventé par Adolphe Sax vers 1846, date où il a déposé son premier brevet. Comme interprète, il est important de connaître ces grandes œuvres et forcément de les interpréter. C’est pour cette raison entre autre, que plusieurs grandes pièces de cette époque font partie des programmes de cours de saxophones dans les institutions. Mais notre instrument fait partie de l’époque dite contemporaine et la majorité de son répertoire se situe principalement au début du 20e siècle à nos jours. Il faut ajouter à cela le répertoire de jazz qui fait partie prenante de notre instrument. Et là aussi il y a de grandes œuvres qui ont été écrites pour le saxophone. Elles font appel à l’aspect créatif et au génie humain, puisqu’elles nous demandent d’improviser et de la réinventer à chaque fois. Même si improviser en musique se faisait à l’époque de Bach, il reste que le jazz va beaucoup plus loin et laisse une grande liberté d’expression à l’interprète.

Reconnaître cet état de fait et garder l’esprit ouvert sur les styles et les époques, contribuera grandement à enrichir le jeu instrumental et la personnalité de l’interprète. Que l’on soit des musiciens plutôt attirés vers la musique classique ou plutôt vers le jazz ne change rien. Ce qui formera notre personnalité d’interprète est la somme des connaissances que nous aurons acquises au cours des années. Après tout, nous ne lisons pas qu’un livre ou un même auteur toute notre vie. Nous aimons voyager en général car cela nous permet de découvrir de nouvelles cultures. Donc explorer différentes œuvres de différentes époques et de styles variés ne peut qu’être que bénéfique pour tout interprète qui se respecte. D’ailleurs, les plus grands musiciens le font à l’occasion. On peut penser au pianiste de jazz Chic Corea qui peut interpréter autant des œuvres de Bartok ou de Bach que des pièces éclatées en jazz. On peut penser aussi à l’excellent saxophoniste de jazz Brandford Marsalis qui nous a laissé deux albums classiques (Romance for saxophone 1986 et Création en 2000) d’une grande qualité d’interprétation tout en nous émouvant dans ses grandes envolées jazzistiques. Plus près de nous, on peut penser à un autre excellent saxophoniste québécois celui-là, qui s’appelle André Leroux. En plus de nous laisser de véritables chefs-d’œuvre d’improvisations sur CD (Corpus callossum en 2009) et en concert, celui-ci continu à explorer le monde de la musique contemporaine avec le quatuor de saxophones « Quasar ». Un ensemble qui innove constamment au niveau de la recherche par sa collaboration avec d’excellents compositeurs. Voilà une ouverture d’esprit qui nous donne un exemple concret sur la façon d’aborder la musique et son répertoire.

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Faire des écoutes musicales, ça sert à quoi ?

La musique est présente dans nos vies. Elle est partout, à la radio, la télé, dans les centres d’achats et les édifices publics. Elle est maintenant dans la plupart des objets qui nous entourent. Les jeux vidéo, les ordinateurs et les téléphones cellulaires en sont des exemples éloquents. Elle est diffusée à la grandeur de la planète quotidiennement. Elle est un mode d’expression et une façon de s’affirmer en tant qu’être humain. Elle permet à un peuple d’être reconnu pour son génie créatif, et d’être une référence au niveau culturel. Elle est un langage universel où tout le monde peut se retrouver et se comprendre. Elle est rassembleuse généralement et porteuse de paix. Il est impensable d’imaginer une journée sans musique. Retrouvez-vous seul en forêt et vous entendrez le chant des oiseaux ! Même en constatant tout cela, si nous faisions une enquête pour savoir quel est le pourcentage des gens qui écoutent vraiment la musique, nous serions surpris d’apprendre que le résultat serait probablement très bas. En fait, il faut faire la différence entre écouter de la musique et entendre de la musique. Même si nous n’avons pas besoin de l’écouter pour l’apprécier, il reste que le simple fait de s’asseoir dans une pièce avec des casques d’écoute et ne se concentrer que sur celle-ci fait que nous en retirons un plus grand plaisir en général. Et ceci peu importe nos connaissances musicales. La musique influence notre état d’âme et nous fait réagir presqu’instantanément à son écoute. Pour le musicien, elle lui permet de comprendre et d’apprécier un langage qui est à la fois complexe et prodigieux. Le fait de l’analyser, de la situer dans son époque et de comprendre la démarche créatrice du compositeur, nous aide grandement à améliorer l’interprétation instrumentale de celle-ci. En fait, écouter de la musique pour un musicien est primordial pour développer son jeu d’interprète. Même si nous n’avons pas l’intention de jouer une pièce que l’on auditionne, nous pouvons quand même en retirer des bienfaits. Que ce soit au niveau de l’interprète que nous écoutons ou du compositeur qui l’a écrite, nous aurons appris beaucoup de choses sur le plan musical, ne serait-ce que d’aiguiser notre esprit critique par rapport à l’expression.

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Suggestions de cahiers d’études pour le saxophone

Classique :

  • 50 études faciles et progressives (V. 1 & 2) / Guy Lacour  /  Gérard Billaudot  / Facile à Moyen
  • 24 études faciles d’après Samie  / Marcel Mule /  Alphonse Leduc /  Facile à Moyen
  • 48 études de Ferling  / Marcel Mule / Alphonce Leduc / Moyen à Avancé
  • 32 Études d’Ernest Loyon  /J. Selner  / Gérard Billaudot / Avancé
  • Études variées  / Marcel Mule / Alphonce Leduc / Avancé
  • 53 Études de Terschack et Fürstenau /  Marcel Mulle / Alphonce Leduc  / Avancé

Jazz :

  • Easy jazz conception (CD)  / Jim Snidero / Advance music  / Facile à Moyen
  • Intermediate jazz conception (CD) /  Jim Snidero  / Advance music /  Moyen
  • Fred Lipsius /  Advance music  / Facile à Moyen
  • Aebersold Vol. 54 (CD) / J. Aebersold  /  Facile à Moyen
  • Aebersold Nothing but Blues (CD) /  J. Aebersold  /  Moyen
  • Aebersold II-V-I Progressions (CD) /  J. Aebersold  / Moyen à Avancé
  • Jazz Saxophone Etudes Vol. 1-2-3 (CD) / Greg Fishman /  Moyen à Avancé
  • Jazz Phrasing for beginners / Greg Fishman /  Facile
  • 15 Easy Jazz, Blues & Funk Etudes (CD) / Bob Mintzer / Warner Bross / Facile à Moyen
  • 14 Blues & Funk Etudes (CD)  / Bob Mintzer  / Warner Bross  / Moyen à Avancé
  • 15 Contemporary jazz Etudes (CD) / Bob Mintzer  / Warner Bross /  Avancé
  • 14 Jazz Funk Etudes (CD)  / Bob Mintzer /  Warner Bross /  Avancé
  • Omnibook /  Charlie Parker / Moyen à Avancé
  • Méthode de sax Vol. 1 et 2 (CD)  / Michel Goldberg  / Outre mesure / Moyen à Avancé
  • Fake Book 1e, 5e éditions /  Jazz standard /  Non autorisé  / Tous les degrés
  • New Real Book Vol. 1,2,3 (CD)  / Funk, Rock, Latin / Tous les degrés

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